PARTAGER
3
sur 5

A l’instar d’Empire Earth, créé par un membre dissident de l’équipe d’Age of empire, Battle realms est l’oeuvre d’un concepteur lui aussi échappé d’une formation en place, Westwood Studios, à qui l’on doit notamment la série des Command & conquer. Dans les deux cas, nos rebelles de services ont, semble-t-il, pris leur distance pour pouvoir s’affranchir des contraintes imposées par leurs directions respectives et accoucher de softs totalement fidèles à leurs visions du STR.

Dans cet esprit, Ed del Castillo va sans aucun doute plus loin que son confrère en s’éloignant plus franchement des concepts connus. D’abord, il évite habilement l’écueil qui veut que la victoire du joueur dépende surtout de la bonne gestion des ressources plutôt que des combats et de la stratégie, souvent secondaires au final dans ce type de jeu. Ainsi le système de gestion des ressources se voit-il simplifier à l’extrême dans Battle realms : pour faire évoluer la communauté, vos ouvriers se contentent de cultiver du riz et de puiser de la flotte (celle-ci pourra également servir à l’irrigation des rizières et à l’extinction des incendies ; ou comment l’on fait dorénavant plusieurs emplois d’une même ressource, pas mal).

Ensuite, notre homme s’est inspiré ici des mangas et des films de sabre fantastiques orientaux pour bâtir un scénario épique original, pas franchement banal sur PC. Kenji, le cadet d’une vieille famille dirigeante dont le patriarche a été assassiné, rejoint son île en ruines après sept ans d’exil. La Horde, une armée sortie des portes de l’enfer, a tout dévasté, le moment est venu de tout reconstruire… Le samouraï peut, aux choix, libérer sa patrie pour la placer sous l’étendard du noble clan du Dragon, ou bien rallier la force obscure comme le fit son père, soit le clan du Serpent. Deux clans supplémentaires (le Lotus et le Loup) composent le tableau des forces en présence, et chacun d’eux possède ses unités propres (archers, chimiste, guerriers dragons, geisha, nécromanciens, zombies, etc.).

Pour le reste, Battle realms repose sur un principe d’évolution similaire aux productions du genre : les missions se suivent, et il s’agit systématiquement de bâtir les structures adéquates, de gonfler ses troupes et d’upgrader le tout au fil de la progression dans le jeu. Objectif défense du territoire et offensives à répétition chez l’ennemi. Une singularité tout de même : la polyvalence des unités fraîchement sorties de la hutte des paysans, celles-ci pouvant endosser plusieurs rôles dans le jeu. Ainsi le paysan peut dans un premier temps se charger de la récolte du riz, puis au moment voulu, rappliquer au dojo, au camps d’entraînement des archers ou encore à la hutte des alchimistes (futures fabriques de feux d’artifices !) pour rejoindre les rangs de l’armée. Dans la foulée, celui-ci peut enchaîner les stages les uns après les autres, ce qui nous permet d’obtenir d’incroyables combinaisons. En sus, certains combattants profitent d’attaques spéciales dont les effets déteignent parfois sur toute la troupe. A noter que les unités se régénèrent avec le temps, ce qui ne doit pas vous empêcher en cas de batailles acharnées de faire appel aux druides ou aux geishas pour ranimer vos unités.

Battle realms profite d’une réalisation tout à fait convenable : graphismes fins et colorés, animations fidèles à l’esprit manga, le tout en 3D intégrale. Hélas, alors que l’ambition des concepteurs consistait à mettre la stratégie au premier plan, le jeu écope d’une finition approximative au niveau des phases de combats. Les batailles sont confuses à tel point que l’on peut difficilement envisager la définition de tâches individuelles. Si l’on ajoute à cela des missions trop répétitives, la lassitude et l’agacement finissent malgré tout par prendre le dessus. Reste que le rejeton de Liquid Entertainement, riche et rafraîchissant, se distingue du lot des STR puisque l’on se débarrasse enfin d’une gestion économique encombrante et ennuyeuse.