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Il aura fallu attendre dix ans et le film de Gregg Araki (disponible aujourd’hui en DVD chez MK2) pour que Scott Heim puisse venir en France présenter son premier roman, Mysterious skin, publié aux Etats-Unis en 1995 et enfin traduit chez nous. Le film a séduit la critique, unanime. Qu’en est-t-il du livre ? Un bijou de sensibilité malgré son sujet difficile, la plongée au fond d’une âme adolescente traumatisée par le viol pédophile : « Mysterious skin » est un livre qui se mérite et qu’on n’oublie pas. Rencontre avec l’auteur.

Chronic’art : Comment l’aventure de ce livre a-t-elle commencé ?

Scott Heim : En fait, tout a commencé comme une nouvelle. Je me suis mis à écrire au tout début de mon programme d’écriture à Columbia, en 1992, puisque le livre est sorti aux Etats-Unis en 1995. Au départ, l’histoire était celle d’un garçon qui pensait avoir été enlevé par des aliens. A un moment, je ne sais plus pourquoi exactement, je me suis dit : « Hey ! Tu n’es pas seulement en train d’écrire un bouquin sur un gamin qui s’est fait enlever, là ! ». J’ai commencé à penser à ces gens qui imaginent des choses, qui sont persuadés d’avoir été victimes d’un enlèvement par les extra-terrestres, sont en fait dans un cheminement du même type que celui qu’on retrouve dans l’hypnose : ils se souviennent de quelque chose de leur enfance mais sans savoir exactement comment accéder véritablement à leurs souvenirs. C’est là que j’ai commencé à imaginer deux personnages, deux façons de voir les choses, cette manière de se souvenir d’un même évènement de deux façons complètement différentes : garder la mémoire ou oublier, faire un blocage… Je me suis rendu compte que je ne pourrais plus faire de tout ça une simple nouvelle, que ça allait être quelque chose de plus grand. Et pourtant, à l’époque, j’étais effrayé par le mot « roman » : c’était tellement immense, ça représentait un tel travail, des années d’écriture… Et puis finalement, ça n’a pas été si terrible. Au point que maintenant je ne peux plus imaginer écrire une nouvelle, je pense vraiment à l’écriture en passant par le roman.

Vous parlez des extra-terrestres, qui jouent un rôle essentiel dans le livre. C’est une fascination personnelle, ou vous auriez pu choisir autre chose ?

Non, c’est vrai, c’est quelque chose qui m’a longtemps fasciné. Quand j’étais petit, avec ma mère et ma sœur, on a vu ça un jour, un quelque chose, comme ce qui se passe dans le livre. On était là, dans le sud, en été, on regardait le ciel ; et puis il y a eu « ça », cette chose qui semblait faire des cercles au-dessus de nous. Du coup, je me suis passionné pour le sujet, j’ai lu plein de bouquins… Bien sûr, ça n’a pas duré et j’en étais très loin quand je me suis mis à écrire, mais je me suis souvenu de tout ça : tous ces magazines, ces livres que j’avais pu lire enfant. Tout est revenu, et j’ai réutilisé ces clichés des tabloïds, des journaux à sensations, des émissions TV. C’est toujours bon de faire ça ! Vous commencez le bouquin, vous vous dites : tiens, un livre sur un gamin qui se souvient qu’il a été enlevé par des aliens… Bonne accroche, distrayante, et c’est parti. C’est seulement après que tout change.

Justement, d’après vous, que ressentent les lecteurs quand ils referment le livre ?

Beaucoup de gens disent qu’ils se sentent tristes à la fin mais que, dans le même temps, il y a une sorte d’espoir qui se dégage des dernières pages. Je pense que c’est ce que je voulais. Je savais que la fin avait un côté très émotionnel et je voulais que les gens, en terminant le livre, aient comme le sentiment d’une forme de rédemption possible avec ces enfants qui restent marqués par ce qu’ils ont vécu mais qui trouvent quelque chose l’un dans l’autre, se retrouvent, sont unis à la fois par le souvenir et par le chagrin. Bien sûr, je ne pense pas qu’on puisse parler de happy end, mais il y a vraiment une forme d’espoir : ils sont tous les deux, l’avenir est ouvert. Peut être seront-ils amis, peut-être qu’ils vont résoudre leurs problèmes… On termine le livre alors que un nouveau chapitre de leur vie va pouvoir s’ouvrir, enfin. Surtout pour Brian, bien sûr.
Ceux qui ont vu le film d’Araki s’imaginent difficilement plonger ensuite dans le livre. Qu’est ce qui pourrait les décider à sauter le pas ?

Dans le film, tout ressemble beaucoup au roman, la fin aussi, mais je pense qu’il y a beaucoup de choses dans le roman qui apportent des réponses à ce qu’on ne voit pas dans le film. C’est la meilleure recommandation que je puisse faire pour qu’on lise le livre. A mon avis, pour ceux qui ont vu le film après leur lecture, il est possible qu’il y ait eu, comme souvent quand on voit une adaptation, le sentiment d’un légère déception : tout simplement parce que beaucoup de choses ne peuvent pas être montrées à l’écran alors qu’elles sont retranscrites dans le texte. Et pourtant, malgré ça, le film reste pour moi extraordinairement fidèle au roman.

Vous avez participé à la rédaction du scénario ?

Pour ce qui est de l’écriture, pas vraiment. Par contre, j’ai énormément discuté avec Gregg, on a parlé de tas de choses : à quoi devaient ressembler les scènes, comment elles allaient se dérouler, etc. Ou alors, il me posait des questions du genre : « Alors là, comment vois-tu l’intérieur de la maison ? Comment tout cela est-il agencé ? La déco va être comment ? », ce genre de détails qui sont fondamentaux pour créer une atmosphère. Je n’ai donc pas écrit le scénario, mais Gregg m’appelait très souvent pour me poser toutes ces questions auxquelles des réponses lui étaient indispensables pour continuer le travail d’écriture.

Qu’est ce qui vous a intéressé dans la transposition du roman en film ?

En fait, c’était assez amusant. Evidemment, avant même que ça se fasse, j’adorais l’idée qu’on puisse un jour faire un film de mon roman. Mais honnêtement, je pensais que ça ne se ferait jamais à cause des scènes qu’il y a dans le livre, difficiles à transposer à l’écran. Des compagnies m’ont contacté, mais au fond je sentais à chaque fois que ça ne se ferait pas, qu’on ne savait pas comment s’y prendre pour tourner ce genre d’histoire pour laquelle on est par définition obligé de demander des acteurs très jeunes pour jouer. Bref, j’avais le sentiment d’avoir des espoirs totalement vains, et qu’on ne verrait jamais un film intitulé Mysterious skin. Quand j’ai su que ça allait vraiment se faire, j’ai assisté à la façon dont tout allait se mettre ne place. Ca a été très difficile. Certaines scènes ont demandé un travail énorme, ne serait-ce que pour ne pas traumatiser les acteurs. En même temps, c’était passionnant : c’est un sujet dont il faudra que vous discutiez avec Gregg. En fait, il a fait en sorte que les acteurs qui jouaient les garçons ne sachent pas vers quoi allait le film ; il a fait très attention, pour être sûr que rien n’allait les perturber ou les traumatiser. En l’ayant vu faire, je pense qu’il était fondamental qu’il soit là, que ce soit lui qui fasse le film, ne serait-ce que pour ça. Il n’avait pas peur de prendre le sujet du film à bras le corps et, en même temps, il était capable de faire preuve d’une immense prudence pour que tout se passe bien : frapper le public sans choquer les acteurs. Il a fait du bon boulot. D’ailleurs aux dernières nouvelles, les garçons vont bien.

Dans le livre, le Kansas apparaît parfois comme un personnage à part entière. Vous-même, c’est là que vous avez grandi.

Au début du film, on voit très bien ce qu’est le Kansas dans l’esprit de beaucoup de gens. C’est un cliché des Etats-Unis, comme dans ces vieux films avec Judy Garland en noir et blanc, très lents… Le Kansas, cet endroit si ennuyeux qu’on ne peut même pas le voir en couleur… Pour moi, comment dire ? Même aux Etats-Unis, on voit généralement cet endroit comme une grande étendue plate avec des fermes, la campagne, bref, rien, en fait. Mais il y a aussi des choses réellement très belles au Kansas : une forme de sérénité, de calme. Des orages grandioses, des cieux magnifiques… On rêve de s’en échapper quand on y est et quand on n’y est plus, on veut rentrer. Si on est dans une ville, une grande ville, pendant un certain temps, il y a un sentiment de manque qui finit par se développer. Pour moi, c’est là-bas, chez moi. C’est la maison. J’ai grandi là-bas, un peu marginal bien sûr, mais j’y ai des amis et ma famille. C’est comme quand Neil va à New York, dans le roman, et que toutes ces choses horribles lui arrivent : il veut rentrer chez lui, chez sa mère, il y aspire vraiment. Et chez lui, c’est le Kansas.

Vous avez souffert d’avoir grandi là bas ?

J’ai eu des expériences similaires à celles que je raconte dans le livre. A l’école, pour commencer, j’avais quelques amis, mais c’était difficile ! On était montrés du doigt, on n’écoutait pas la même musique que les autres, on ne s’habillait pas de la même manière… Aller au restaurant au Kansas et ne pas être exactement comme les autres : voilà l’expérience type, on est sûr d’être montré du doigt ! Et ça arrivait régulièrement.
De qui s’inspire le personnage de Wendy, qui tient un rôle particulier dans le livre ?

Un mélange : elle et Déborah, la sœur de Brian dans le livre, sont un mélange, une assimilation de plusieurs personnes que je peux connaître. A la fois ma propre sœur, mes meilleures amies à l’école, des filles dont j’ai été très proche et qui m’ont inspiré quand j’ai cherché à créer une figure féminine qui compte. Pour moi, ces filles ont pu avoir le même genre d’influence que celle qu’a Wendy dans le roman. On retrouve des personnages féminins de ce type dans mon deuxième roman. Il faut dire aussi que quand je lis un récit dans lequel il n’y a que des personnages masculins (ou féminins d’ailleurs, mais je pense ici aux personnages masculins dans les romans d’auteurs gay), je me dis toujours qu’il manque quelque chose. Les homos en général sont tellement influencés par leurs amitiés avec des filles ! C’est quelque chose d’essentiel, qu’il me paraît difficile de laisser de côté. Pour Neil dans le livre, la personne dont il peut être le plus proche est nécessairement une fille. Wendy est la seule dans son entourage à le comprendre, à l’accepter entièrement.

Il y a chez vos personnages masculins une expérience traumatisante, qui décide pour une bonne part de l’orientation de leur caractère, et pas seulement au plan sexuel. Pourquoi ce choix d’origines violentes à la base du récit ?

Je crois que c’est un besoin dans ma façon d’écrire, qui mêle sexe et violence. C’est comme si une part cachée en moi choisissait de ressortir ainsi. J’aime cette idée, en tant qu’écrivain, d’aller écrire plus loin, de repousser certaines limites, et je trouve qu’il y a un côté presque « plus vrai » à mes personnages lorsque, comme ici, ils répondent à quelque chose dans leur vie qui a été un traumatisme. Je n’ai pas d’explication logique ; je sens quand j’écris qu’il y a un moment où mes personnages vont me surprendre, doivent me surprendre pour exister. Quand j’écris, c’est la chose la plus importante, la plus passionnante qui puisse se produire. On commence à écrire, on pense qu’on sait ce qu’on va faire, où on va… Et pendant l’écriture, tout change. Ça peut paraître étrange, mais c’est ce qui se passe. On commence avec une idée précise et pendant les trois ou quatre jours que dure l’écriture, les personnages acquièrent leur vie propre et évoluent. A partir de ce moment là, il y a une liberté bien plus grande, y compris envers des pulsions plus violentes qui émergent.

Lequel des personnages a été, justement, le plus difficile à faire émerger ?

Brian. Pour Neil, la progression suivie est extérieure, c’est une progression active. Des choses vont lui arriver, il n’a qu’à réagir. Brian, lui, est à l’intérieur de lui-même, enfermé. Toutes les choses qui lui arrivent, qui servent de déclencheur à la mise en route de ses recherches, sont ses souvenirs. C’est très difficile d’écrire ainsi, en montrant une progression qui se fait de l’intérieur, sans manifestations extérieures flagrantes. Raconter comment un gamin part pour New York, ce qu’il vit là-bas, le sexe, la violence, même le viol, c’est facile, ça arrive, on raconte, tout est affaire de faits ; il est beaucoup plus difficile de raconter des rêves, des souvenirs qui remontent lentement à la surface. On s’en rend très bien compte en regardant le film. Dans le roman, Brian et Neil occupent des places d’importance similaire. Dans le film, et je pense que c’était inévitable, c’est Neil qui est devenu le personnage principal. Parce qu’on voit ce qu’il fait et qu’il est plus intéressant dans un film de montrer ce qui se passe vraiment, ce qui arrive. Il était quasi impossible pour Gregg de retranscrire l’ensemble des manifestations intérieures qui agitent Brian à l’écran.

Votre second roman, In awe, très attendu après la sortie de Mysterious skin, n’a pas eu le succès escompté. Vous terminez tout juste votre troisième roman. Ce retournement des médias après l’enthousiasme des débuts a-t-il été difficile ?

Oui, ça a été extrêmement difficile. Tout le monde m’avait dit : « C’est bon, ton premier roman a été un vrai succès, tu es jeune, on va peut- être t’attendre au tournant pour le second mais les critiques suivront »… Je m’étais un peu préparé à ne pas renouveler l’exploit de Mysterious skin, je pensais même être prêt pour ça. Et en fait, pas du tout. Personne n’a sauté sur In awe, contrairement à ce qu’on m’avait prédit. Il y a eu quelques bonnes critiques, d’autres vraiment mauvaises. Pour Mysterious skin, j’avais eu une presse énorme, ma photo en couverture de magazines… Là, rien. Ça m’a surpris, et j’ai été très déçu.
Je pense que c’est une des raisons pour lesquelles il m’a fallu tellement de temps pour m’y remettre et venir au bout de mon troisième roman, qui est presque prêt. J’étais tellement déçu que je me mettais à écrire, puis j’arrêtais : je faisais un travail sérieux quelques temps, puis plus rien pendant 6 ou 8 mois. C’est seulement depuis deux ans que j’ai réussi à m’y remettre sérieusement. Ca a été un moment difficile. Surtout quand je me dis que mon premier livre est sorti en 1995, que le second a suivi en 1997 et qu’ensuite, rien pendant 8 ans ! On verra bien ce que ça donne, avec un suivi de ce genre…

In awe paraîtra-t-il en France ?

Je ne sais pas, il va falloir voir ça. Je pense que même dans la façon dont je l’ai écrit, c’est un livre difficile, plus difficile à lire que Mysterious skin. Je pense que pour un bon livre, il faut à la fois une histoire intéressante et une écriture qui se remarque. Mysterious skin avait les deux. In awe est écrit différemment, il faut plus de temps pour le lire, je pense qu’il a dû ennuyer pas mal de gens. Surtout si certains attendaient une sorte de « suite » à mon premier livre. On se rend compte en le lisant qu’on a à faire au même auteur, mais la différence est dans le lien qu’on fait aux personnages. Dans Mysterious skin, même si le sujet était difficile, on s’en sentait proches ; In awe est très violent, et je pense que pour beaucoup de gens il est impossible dans un livre de ce genre de se sentir proche des personnages. Tout ça, je n’aurais pas pu le dire à l’époque où le livre est sorti, je n’avais pas le recul nécessaire, mais je pense vraiment que ça a joué dans l’accueil des critiques et des lecteurs. Je ne dirai jamais qu’un de mes livres est meilleur qu’un autre, mais je pense qu’il est évident que plus de gens aiment, peuvent aimer Mysterious skin.

Vous sentez-vous affublé d’une étiquette d’auteur « gay » après ces deux titres ?

Dans le livre que je termine en ce moment, le narrateur est gay mais il n’y a rien qui évoque spécifiquement le sujet sinon sur le plan sexe ou violence. Dans Mysterious skin, bien sûr, le sujet sexe était vraiment abordé, avec en plus le rapport de pédophilie ; c’était davantage un roman « gay », ne serait ce que pour ça. Là, j’ai écrit quelque chose dans lequel il n’y a rien de ce genre. Peut-être pour aller contre cette étiquette, qui existe évidemment. Ceci dit, on peut aller à l’encontre de cette opinion et toucher une audience beaucoup plus large, surtout en Europe où les gens se focalisent moins sur ces choses. Aux Etats-Unis, on est tout de suite classé dans une catégorie dont on sort difficilement.

Qu’est ce qui vous influence quand vous écrivez ?

Pendant longtemps, j’ai été influencé par les auteurs du Sud : Truman Capote, Flannery O’Connor… C’était surtout quand j’étais étudiant, et il faut bien avouer que je lisais essentiellement des auteurs morts… J’ai lu ensuite davantage de contemporains, mais quant à être influencé, je ne sais pas. Je pense être véritablement influencé par tout ce qui peut me toucher sur le plan émotionnel. Il y a tant d’auteurs que j’aimerais lire et que je ne découvre qu’à travers les traductions, puisque je ne parle qu’anglais… Cela dit, je m’intéresse aussi énormément aux réalisateurs et aux musiciens. Lars Von Trier, par exemple. Il me touche énormément, je trouve sa touche visuelle fabuleuse. Mon dernier livre est très influencé par ce que j’ai pu ressentir en voyant ses films. Quand on écrit, on développe inévitablement sa voix propre ; en voyant Dancer in the dark ou Breaking the waves, j’ai été vraiment impressionné : il y a une manière de filmer, d’entrer dans les choses, de juxtaposer les sentiments à l’histoire, un tas de choses que j’ai reprises en les réadaptant à mon écriture. Si je n’avais pas écrit, j’aurais aimé être réalisateur.

C’est une des choses qui vous a intéressé en voyant Mysterious skin porté à l’écran ?

Oui, sans aucun doute. Et si aujourd’hui j’ai déjà les idées pour un quatrième roman, je pense qu’ensuite je vais me tourner vers le scénario. Je suis très attiré par l’horreur, un film d’horreur aux rouages psychologiques. J’y pense et je me demande si je serais capable de le faire.

Venir ici parler d’un livre qui est sorti il y a dix ans, ce n’est pas un peu bizarre ?

Si, c’est totalement étrange. Je ne l’ai pas relu depuis tellement longtemps ! Déjà, en voyant le film, il y avait des scènes dont je n’avais aucun souvenir. Mais c’était le film. J’ai eu le même choc en rouvrant le livre : je tombe sur des pages que je ne me souviens pas avoir écrites. J’avais une prof à Columbia, mon mentor, elle disait toujours : « Quand tu as publié un livre, il ne faut jamais le relire, sinon tu vois tout ce qui ne va pas et tu te mets à rêver de tout changer, les mots, les idées ». Et c’est vrai, il y a des choses qui me démangent. Il y a presque une part de moi qui aurait envie de dire : « OK, c’est bon, allez voir le film ». Mais non. Je pense que le livre vaut le coup.

Propos recueillis par

Lire notre chronique du roman et celle de son adaptation cinéma par Gregg Araki.
« Mysterious skin », l’adaption cinéma du roman par Gregg Araki (lire notre chronique du film), sort en DVD chez Mk2 Editions.