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Parmi la multitude des galeries et centres d’art parisiens, Chronic’art vous propose une sélection d’expositions d’art contemporain. Sculpture, peinture, vidéo, gravure, dessin, artistes belge, mexicain, suédois, brésilien, anglais ou breton : diversité et découverte restent le mot d’ordre de cette revue.


Erwin Wurm

Avec Wurm, la sculpture est véritablement multimédia. Il teste la présence physique et incongrue de petits objets, une cigarette, un jet d’eau, qu’il photographie dans notre quotidien. Il se joue avec humour de l’apesanteur grâce à ses manipulations vidéo. Redécouvrant dans ses performances les charmes de la « leaving sculpture », son travail est aussi une réponse à ceux de ses aînés, les actionnistes viennois, pour qui le corps était associé à tant de sévices. Artiste à suivre.
A noter qu’une exposition est présentée simultanément au Fonds régional d’art contemporain Limousin jusqu’au 20 mai 2000 et que Wurm sera présent à la prochaine biennale de Lyon.
Galerie Art : Concept
34, rue Louise-Weiss – Paris 13e
Renseignements : 01 53 60 90 30
Jusqu’au 22 avril 2000

Le Ecole de Burrows & Bob Smith

David Burrows d’un côté, Bob et Roberta Smith de l’autre, mais exposant ensemble pour l’installation (vidéo, dessins, texte) qui donne son titre à l’exposition : Le école de Burrows & Bob Smith. Tous deux ont une vision critique et sceptique du monde et un même refus de se plier aux normes de la société. Leur « école » se présente comme une dénonciation pédagogique de la violence corporelle et mentale que l’institution scolaire fait subir aux enfants. Contre cette aliénation, l’œuvre, qui a le mérite de poser le problème, donne une piste de sortie : l’art total et libéré (?) de Beuys.
Galerie Praz-Delavallade
28, rue Louise-Weiss – Paris 13e
Renseignements : 01 45 86 20 00
Jusqu’au 22 avril 2000

Bernard Frize

La galerie Perrotin, rue Louise-Weiss, ouvre un deuxième lieu dans la même rue, au 5. Première exposition personnelle de Bernard Frize à Paris depuis 1992, et première exposition de peinture organisée par la galerie Emmanuel Perrotin depuis 10 ans. Bref, un petit événement est créé pour ces peintures « à six mains », sans « jamais lever les [pinceaux] de la toile ». Un langage abstrait, sans affect, qui s’amuse à forcer les contraires. La matière est lisse, les formes simples et fuyantes sont composées de couleurs fades et délavées. L’ensemble a un aspect « clean » et mécanique qui provoque une gêne intéressante.

Galerie Emmanuel Perrotin
5 et 30, rue Louise-Weiss – Paris 13e
Renseignements : 01 42 16 79 79
Jusqu’au 22 avril 2000

Antony Gormley : Quantum clouds and other works

On connaît la richesse de la scène anglaise dans le domaine de la sculpture. Gormley (né en 1950) en fait partie depuis le début des années quatre-vingt. Artiste très demandé possédant un savoir-faire indéniable pour créer des images fortes. On se souvient de ses installations de plusieurs milliers de statuettes en terre cuite. Son exposition parisienne est l’occasion de montrer sa dernière pièce spectaculaire, magnifiquement mise en valeur dans l’espace central de la galerie : un corps christique constitué d’un enchevêtrement impressionnant de petites lamelles d’acier soudées les unes aux autres. L’image est forte, transcendant la matérialité vers une dilution de la matière. Quelques autres œuvres permettent d’apprécier la polymorphie du travail de Gormley.
Galerie Thaddaeus Ropac
7, rue Debelleyme – Paris 3e
Renseignements : 01 42 71 61 66
Jusqu’au 2 avril 2000

Francisco Toledo

Francisco Toledo, 59 ans, est un artiste admiré au Mexique et reconnu à l’étranger. Prolifique, il pratique toutes sortes d’expressions plastiques. A Paris, il s’agit d’un ensemble fourni et récent de gravures, eaux-fortes, aquatintes, lithographies, et xylographies, dont il maîtrise admirablement les techniques. Attention, son univers est sombre, fantastique, mystique. La mort et son image, le squelette, côtoient un bestiaire composé de crapauds, d’araignées, d’insectes et de singes. Qu’importe la lisibilité du trait, ce qui compte dans cette imagerie est l’impression d’ensemble, tout en jeu d’ombre et de lumière.
Centre culturel du Mexique
119, rue Vieille-du-Temple – Paris 3e
Renseignements : 01 44 61 84 44
Jusqu’au 21 avril 2000

Evelyne Axell : L’Amazone du pop art

Morte à 37 ans, avec uniquement sept années de création plastique (1965-1972), Evelyne Axell fait presque figure de mythe en Belgique. Méconnue en France, ou considérée comme un produit de son mentor Magritte, cette « amazone » possède une œuvre singulière et pleine d’humour au sein de l’explosion du pop art des années soixante. Avec ses plaques émaillées de Plexiglass opalin qu’elle découpe, elle joue à cache-cache avec la lumière-couleur. Parfois proche du pop art de Martial Raysse, elle possède une poétique bien à elle. La nature est là, présente et belle, ce qui est rare dans le pop art. C’est surtout par l’image de la femme dévoilant et défendant son droit au désir qu’elle imprime le plus son « toucher ». L’érotisme féminin sans tabou ni vulgarité fait ici merveille.
Centre Wallonie-Bruxelles
127-129, rue Saint-Martin – Paris 4e
Renseignements : 01 53 01 96 96
Jusqu’au 10 mai 2000

Heloisa Novaes

Heloisa Novaes, artiste brésilienne vivant à Paris, présente une somptueuse exposition digne d’une rétrospective. On ne peut guère échapper à l’univers surréaliste de cette âme mystique qui évoque on ne sait quelle alchimie ou rites magiques. Des surprenantes architectures faites de créatures zoomorphiques ou figures stylisées -principalement féminines- se transmettent leur fluide en s’articulant comme un candélabre sans fin. Originale également, l’organisation de la composition, comme marquée du sceau d’un néoconstructivisme primitif. Remarquablement travaillée, la surface est augmentée d’un matiérisme délicat fait de techniques mixtes.
Maison de l’Amérique latine
217 boulevard Saint-Germain – Paris 7e
Renseignements : 01 49 54 75 00
Jusqu’au 20 avril 2000

Didier Meynard

Didier Meynard fut longtemps un habitué du Salon des réalités nouvelles à Paris dédié à l’abstraction. Aujourd’hui il questionne l’image du corps. Un corps entre présence et absence, à peine esquissé, comme voilé, et campé dans des teintes sourdes. Le spectateur hésite sans cesse entre la profondeur voulue du sujet et l’aspect apaisant et soigné de ces petits formats que rehausse la belle qualité des papiers utilisés (Chine ou Philippines).
Galerie Eric de Montbel
34, rue de Seine – Paris 6e
Renseignements : 01 43 29 34 31
Jusqu’au 25 mars 2000

Håkan Berg

Håkan Berg (né en 1958) n’a pratiquement jamais exposé hors de son pays natal, la Suède. Ne ratons pas l’occasion de voir son travail présenté à Paris par la jeune galerie Birthe Laursen. Il évolue dans la catégorie du presque rien : taches, lignes et signes linguistiques se partagent, de manière désordonnée et avare, l’espace des œuvres. Tout se joue dans la manière dont ils apparaissent. Les lignes font liens ; les taches sont comme des morceaux de réalités transposés ; le blanc incarne la distance. Ce travail, où remonte le moi archaïque, est hautement symbolique.
Galerie Birthe Laursen
56-58, rue Vieille-du-Temple – Paris 3e
Renseignements : 01 42 77 19 37
Jusqu’au 25 mars 2000

Rodolphe Le Corre : Le Seuil

Un Breton à Paris. Rodolphe Le Corre aime la peinture et ça se sent. Classique dans sa manière de l’aborder, l’acte de peindre n’est pas le sujet de sa peinture. Tout, au contraire, est dans la vision de l’artiste qui emploie couleur et matière généreusement. Sa série sur les meurtrières des forteresses se transforme en jeu de masses colorées plutôt qu’en mises en perspective. Masses organiques que l’on retrouve dans la figuration des tumulus.
Galerie Florence Touber
117, rue Vieille-du-Temple – Paris 3e
Renseignements : 01 42 77 43 29
Jusqu’au 22 mars 2000