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A l’heure où la chanson française cherche un nouveau souffle, Christophe Miossec livre un troisième album au verbe fort, le bien nommé A prendre.

L’écriture

Christophe Miossec : L’écriture, tu la trimbales avec toi. J’aime bien quand elle n’est pas trop travaillée, pas le style pour le style. Je suis plus sensible aux phrases simples, directes, aux auteurs, comme Henri Calet ou Georges Perros, qui ont un rapport immédiat avec leur art.

La méthode

Même si les arrangements paraissent étoffés, avec notamment l’emploi de cordes, A prendre est un disque fait en duo, avec Guillaume Jouan (ndlr : guitariste), dans une baraque. J’étais frustré par les deux premiers (ndlr : Boire et Baiser). Ils sentaient un peu trop le travail, la sueur. Là, on a parfois changé les rôles. J’ai joué de la guitare et Guillaume s’est mis à la programmation. Je me sens plus en phase avec celui-là. Il reflète mieux ce que je suis, mes humeurs.

Les chansons

Ce sont vraiment des bribes de mélodie. Finalement, on l’a fait très naïvement. On n’a pas vraiment d’objectif quand on commence. Tout se met en place petit à petit. En tournée, c’est pareil. On garde les mêmes musiciens et on recommence. Quant au côté chanteur-leader, j’y tiens. Pour autant, tout le monde est payé de la même façon. C’est sein de fonctionner comme ça, et plutôt humain.

Le public.

Il fallait sortir de ce cycle infernal album/tournée. C’est plus du tout un truc qui me fascine. J’ai plus envie que l’on fasse 200 dates de concerts par an. Je dois être un peu masochiste mais j’aime bien les gens qui n’aiment pas Miossec. Je tombe souvent d’accord avec eux. Si tu parles avec des gens qui t’adulent, ça n’a aucun intérêt. J’aime qu’ils soient pris par le doute.

Brest.

Mes racines familiales, ma culture. Quand tu prends le train depuis Paris, sur le trajet les wagons se vident petit à petit : résultat, arrivé à Brest il n’y a plus personne. C’est le terminus. C’est aussi l’effondrement total car pas mal de gens sont dans des situations de précarité inimaginables.

Propos recueillis par

Lire notre chronique de A prendre (PIAS)