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Personne ou presque ne connaissait Quasi avant que ne paraisse ce Featuring « Birds ». Pourtant, c’est déjà leur troisième album (le premier, autoproduit à fort peu d’exemplaires est depuis longtemps introuvable) ; pourtant, Sam Coombes et Janet Weiss ne sont pas de parfaits inconnus. Le premier accompagnait Elliott Smith au sein de Heatmiser -il continue d’ailleurs l’aider Elliott en solo-, la seconde est une échappée de Sleater-Kinney. Sam nous en dit un peu plus…


Chronic’art : Est-ce que le nom Quasi revêt une signification particulière ?

Sam Coombes : C’est juste un préfixe qui nous plaisait. On peut dire également que nous ne rentrons pas à proprement parler dans une catégorie musicale bien définie : un peu de ceci, un peu de cela, quasi à chaque fois. En plus c’est court, facile à retenir.

Un duo comprenant claviers et batterie, c’est de la provocation ? C’est pour dire : « Voyez, faire de la musique, c’est simple » ?

C’est à la fois simple et compliqué. D’un côté, c’est beaucoup plus facile de n’être que deux dans un groupe, il y a de ce fait beaucoup plus d’espaces de liberté. Et puis, il n’y a pas d’éléments harmoniques dans une batterie, c’est juste du rythme. Et moi, je fais les mélodies. Les tâches sont ainsi bien réparties. Chacun peut faire ce qu’il veut.

Pourquoi ne trouve-t-on quasiment pas de guitare sur le disque ?

J’adore jouer de la guitare, d’ailleurs sur scène, il y en a. Mais du point de vue de la composition des morceaux, c’est beaucoup plus satisfaisant d’utiliser un clavier ; ça offre de plus nombreuses possibilités. Et ça explique que guitare et basse soient un peu superflues. Vous jouez une partie avec la main droite, l’autre avec la main gauche.

Vous vous sentez proche d’un groupe comme Ben Folds Five ?

On n’a joué quelques concerts avec eux, mais en fait, on ne les connaissait pas auparavant. Ben est un très bon pianiste, techniquement, je ne lui arrive pas à la cheville. Il y a bien sûr des similarités entre nous, mais cela tient juste au fait que nous utilisons tous deux une batterie et un clavier pour arriver à une combinaison de pop et de rock.

Et les Beatles dans tout ça ?

Evidemment, ce serait idiot de ma part de ne pas m’en réclamer. C’est eux qui ont posé les bases et écrit les règles du type de musique que je joue. Ils sont donc incontournables. Et j’ai été élevé au son de la pop anglaise des années soixante, des groupes comme les Kinks. Après, j’ai écouté pas mal de groupes américain, du punk et du post-punk.

Y-a-t-il une scène émergente à Portland ?

Non, pas vraiment, ce sont les médias qui inventent ça. Il y a quelques années, pas mal de groupes sont sortis de Portland. La plupart ont signé sur Sub Pop : Hazel, Pond, The Spinanes, Sprinkler. Mais la plupart de ces groupes n’existent plus aujourd’hui. Mais je ne m’y sens pas isolé. Portland est à mi-chemin entre Seattle et San Francisco, et il y une grande énergie culturelle qui circule dans cette région.

Ces sons d’oiseaux, sur le morceau Birds, qu’est-ce que ça veut dire ?

C’est juste que j’aime les sons produits par ces oiseaux. Ce sont des enregistrements que j’ai effectués à la maison. A la fin, j’avais tous ces chants, j’ai mixé ceux que je préférais, et comme le résultat était sympa, on l’a mis sur l’album.

Propos recueillis par