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Lambchop, la troupe -on se sait plus trop combien ils sont au juste : onze, douze, quatorze ?- de Kurt Wagner, nous revient déjà avec un nouvel album, What another man spills, qui fait -fort bien- suite au Thriller de l’an passé. Les nouveaux rois de Nashville, Tennessee font un nouvelle fois subir à la country une bonne cure de jouvence. Explications du boss.


Chronic’art : Est-ce un point positif ou pas d’être originaire de Nashville ?

Kurt Wagner : Eh bien, en temps que musicien professionnel, oui, sans aucun doute. A cause de toutes les infrastructures liées à la musique qui existent là-bas, les studios, des gens aussi, tels que d’excellents ingénieurs du son, et de l’industrie du disque dans son ensemble. Il y a beaucoup de professionnels, ainsi que d’amateurs de musique. Je dis cela parce que je suis vraiment très poli, n’y voyez aucun enthousiasme… (grands éclats de rire)

Nashville et la musique, ça a l’air si vieux désormais pour les européens que nous sommes. Y-a-t-il une nouvelle générations de musiciens aujourd’hui ?

C’est vrai que c’est encore et toujours le centre du monde de la musique country. De ce point de vue là, on ne voit rien arriver, rien ne peut prendre la place de la country. C’est trop ancré historiquement. Il y a cependant un grand centre de recherche spécialisé… sur cette musique du passé ! (il rit à nouveau)

Cette ville est-elle une source d’inspiration pour vous ?

Pas vraiment, c’est plutôt comme un héritage, c’est l’endroit d’où je viens et ça fait partie de moi, que je le veuille ou non.

La country n’a jamais été aussi hype que depuis l’apparition de Lambchop. Comment l’expliquez-vous ?

(énormes éclats de rires) Je ne saurai vraiment pas l’expliquer. C’est seulement quelque chose qui nous arrive. C’est vraiment bien, car ça nous permet de sortir des disques comme nous le voulons, d’autant qu’à chaque fois, mon indice de satisfaction augmente. Mais nous avons les pieds sur terre, nous savons d’où nous venons.

En Europe, vous êtes dans la catégorie indie…

De toute façon, les gens font ce qu’ils veulent. Et d’ailleurs, je ne sais pas vraiment comment qualifier notre musique. Aux États-Unis, on dit que nous faisons de l’alternative country, mais je dirais plutôt que c’est de la country conceptuelle.

Vous êtes si nombreux dans le groupe. Est-ce que l’idée de famille est importante pour vous ?

Oui, ça compte beaucoup. Nous sommes avant tout des amis qui s’entendent bien. Chacun se préoccupe de l’autre, ce qui fait de nous, effectivement, une sorte de petite famille. De plus, chacun a sa famille. Ca fait longtemps maintenant que nous nous connaissons. Et même lorsqu’on ne fait pas de musique, on peut toujours faire un bon barbecue ! C’est pratique, par exemple quand nous répétons, car même si certains ne peuvent pas venir pour telle ou telle raison, le groupe peut continuer à fonctionner.

Qu’est-ce qui vous différencie des autres groupes de country ? L’humour, peut-être ?

C’est bien possible, mais le nombre de personnes impliquées dans le groupe suffit à nous différencier. Quatorze personnes jouant ensemble, vous ne voyez pas ça tous les jours. Mais c’est vrai que parfois, on a un humour plutôt tordu…

Propos recueillis par