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Les connaisseurs le savent, Munster records est un label de rééditions absolument indispensables pour qui se soucie encore de Rock’n’roll. Cette année Kim Fowley, Richard Hell et The Cramps ont pu atterrir une nouvelle fois dans les bacs en format vinyle de luxe grâce à la dévotion probablement suicidaire de ces espagnols. Le bassiste d’Atom Rhumba travaille chez Munster et ses disques furieux (dont le dernier produit par Mick Collins des Dirtbombs) sortent natuellement sur ce label… Un groupe de purs et durs.

Chronic’art : Quelle est la part de chaos quand vous jouez en concert ?

Atom Rhumba : Il y a effectivement des moments où tout nous échappe et où nous nous laissons vraiment aller, où la scène nous libère complètement. C’est l’esprit du rock’n’roll, c’est violent et libérateur. Tu joues et tout d’un coup, blam !, le truc arrive…

Etes-vous des personnes violentes en dehors de la scène ?

Non, je ne crois pas, nous sommes gentils.

Vous avez fait une reprise de Nancy Sinatra pour une compilation… Votre apprentissage de la musique est-il du au fait de faire des reprises ?

C’est exact… (il se met a nous chanter le morceau, nous révèle son titre, mais l’anglais version ibérique restera pour le coup hors de notre portée, ndlr)… nous avons aussi fait une reprise des Flaming Groovies, une de Gun Club et une d’un vieux groupe punk espagnol dont le nom ne te dira rien. Mais quand le groupe a commencé, nous avions décidé de ne pas faire de covers, nos propres morceaux étaient prioritaires, on le fait maintenant pour le plaisir.

On ignore a peu près tout de vos prédécesseurs, qui furent les pionniers du rock en Espagne, n’est-ce pas ?

(Il cite un paquet de groupes a une vitesse effrayante, impossible de capter, ndlr). Tu connais Los Bravos ? Black is black ! Tout a commencé là. Il n’y a pas beaucoup de groupes espagnols sur Munster : il y a nous, Safety Pins, Los Perros. Les Sin City Six aussi.

Comment êtes vous rentrés en contact avec Mick Collins des Dirtbombs qui a produit votre dernier disque ?

Nous avions listé une série de producteurs possibles, il était en haut de la liste. Nous lui avons envoyé nos disques. Les e-mails ont fait le reste.

Vous jouez du rock’n’roll depuis des années. Ca ne vous fait pas rire toute cette hype actuelle avec les gens de la mode qui s’en mêlent alors qu’ils n’ont jamais rien compris à la musique ?

Oui mais eux n’ont rien compris et n’ont rien à faire dans nos parages. Par contre je suis content que les gens y reviennent, qu’il y ait une vraie excitation à propos de la musique. Les gens en avaient marre de toute cette merde techno. Ils ont besoin de quelque chose de réel, honnête et sincère.

Est-ce que vous vivez de la musique ?

Nous sommes tous plus ou moins ingénieurs en informatique, certains vivent encore chez leurs parents. Comme Mick Collins d’ailleurs, ce qui est plutôt drôle. Si nous voulions vraiment vivre de la musique, nous serions obligés de faire des compromis, des trucs commerciaux, et ça ne nous intéresse pas.

Qu’est ce que vous écoutez en ce moment ?

On écoute beaucoup de vieux trucs, des rééditions, comme The Soft Boys, Underwater Moonlight, ou aussi Art Ensemble of Chicago (Les Stances à Sophie), le deuxième album du J. Geils Band, Beachwood Sparks…

Propos recueillis par

Lire notre chronique de Chasin’ the onagro