PARTAGER
0
sur 5

Voyance et manigance est le type même de la comédie pépère, franchouillarde et feignasse au possible. Ainsi, on ne s’étonnera pas que le film ait été tourné dans le Sud de la France, là où soleil et pastis ont le pouvoir de tout faire oublier, le cinéma en premier lieu. Nous voilà donc confrontés à un objet pas forcément antipathique mais totalement raté. Une histoire d’arnaque médiumnique tirée par les cheveux dans laquelle la pimpante Chantal (Emmanuelle Béart), poursuivie par la poisse, décide sur les conseils de sa collègue Jacqueline (Anémone) de consulter le célèbre Alban (Dieudonné), voyant bidon toujours prompt à piller les provinciales crédules. Au menu : névroses, adultère, impuissance, Guy Roux, marabouts et chômage ; fléaux de la société contemporaine dont les seuls énoncés font baver les téléspectateurs assidus de Combien ça coûte ? ou Sans aucun doute.

Quant à la frange la plus perverse du public, elle se délectera de la (contre-)performance d’Emmanuelle Béart, qui n’a jamais été aussi mauvaise au moins depuis A gauche en sortant de l’ascenseur, autre comédie de boulevard féconde en gags minables. Dans Voyance et manigance, la comédienne ne recule devant rien : rouge à lèvres fushia, robe tendance provençale pétasse, lunettes de secrétaire salope (un peu à la Katia Tchenko de Vivement lundi !) et accent à couper au couteau. Certes, l’acte est méritoire -toutes nos vedettes n’ont pas le courage de casser leur image glamour-, prouvant que l’actrice ne se prend pas au sérieux et est même prête à envisager l’auto-flagellation (voir la réplique se gaussant des stars aux lèvres gonflées…). Mais, à force de dialogues débiles, de postures ridicules, le résultat fait mal et le verdict s’avère sans appel : Emmanuelle Béart n’est pas faite pour le rire. Elle est heureusement entourée par un petit groupe d’acteurs plus habitués au genre, et qui réussissent tant bien que mal à faire passer la pilule. Aux côtés d’un Dieudonné en roue libre, Zinedine Soualem et Valérie Bonneton tirent leur épingle du jeu, cette dernière excellant dans un rôle pourtant commun de catho à la fois pécheresse et repentante.