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2
sur 5

Attention, ceci n’est pas une sequel ! On se souvient surtout d’Urban legend, premier du nom, grâce à son poilant esquimau-killer, le reste n’étant qu’une énième et banale variation autour d’un groupe d’étudiants décimés par une figure du mal. Si ce second volet reprend le même titre, c’est davantage par souci de rentabilité (d’ailleurs, le film cartonne aux Etats-Unis) que par véritable filiation. On parierait presque que le scénario d’origine s’est fait greffer une poignée de nouveaux éléments afin de justifier la descendance. Parmi eux, le retour d’un personnage mineur (l’agent de sécurité du campus), un serial-déguisement bien foireux (après l’esquimau, l’escrimeur !) et, surtout, la reprise du thème des « légendes urbaines » (rumeurs du type « la viande de MacDo est mélangée à des blattes écrasées ») à travers le projet de film d’une étudiante. Car, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Urban legend 2 se déroule dans une université de cinéma. Le récit se déroule à la fin de l’année, période de tournage et donc de stress. Le meilleur court métrage recevra en effet le très convoité « Hitchcock Award », récompense censée ouvrir aux jeunes loups les portes de Hollywood. C’est dans ce climat de concurrence et de jalousie permanentes que commencent les hostilités, via une jeune actrice massacrée bien comme il faut.

La suite s’affirme plus gore que la moyenne, avec notamment un sympathique hommage à Argento, où l’on recense en quelques plans une décapitation par vitre (Inferno), des barbelés et un chien enragé se nourrissant d’organes frais (Suspiria). On notera encore une séquence habile où les cris enregistrés pour les besoins d’une piste son couvrent un meurtre barbare. Sur un sujet proche, Urban legend 2 fait ainsi beaucoup mieux que le désastreux Cut, et, sans crier au génie, on peut reconnaître à la mise en scène de John Ottman une certaine originalité dont sont dépourvus la plupart de ses collègues du slasher movie. Montage surprenant, cadrages soignés, utilisation intelligente de différents supports d’images (dont une vidéo de télésurveillance) : avec un vrai scénario, le cinéaste pourra peut-être prétendre au titre de jeune espoir du cinéma d’horreur.