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Souvenez-vous d’Underworld : une armée de loups-garous affronte de terribles vampires dans un décor pauvre et gris, post-humanité sans âge d’où émerge la figure de Selen, dame vampire glamour trahissant son camp pour s’amouracher d’un sympathique humain devenu hybride à cause de détraquements biologiques incompréhensibles. Souvenez-vous, donc, de ce petit film fumeux et ringard, moins lisible qu’un vieux tome poussiéreux sur la démonologie assaisonné de psychologisme hi-tech et de scientisme médiéval : et bien le film fut une surprise de vidéoclubs plus rentable qu’on n’aurait pu le croire, et il entraîna cette suite qui, dit-on, bénéficie de moyens bien supérieurs. Même équipe, nouveau décor : les grands espaces du Canada (qu’on tente de faire passer pour quelque coin perdu des Carpates avec quelques références slaves bidons) remplacent le décor strictement urbain du premier film.

Le résultat ? Evolution nulle, une photocopie du premier film avec intrigue dont les tenants, livrés après un brainstorming massif, se résument à cela : Selen et Michael se liguent à un vieil ancêtre débarqué de nulle part (le père commun des loups-garous et des vampires) pour arrêter le nouveau caïd des suceurs de sang, une créature à mi-chemin entre Zucchero et Batman, lui-même à la recherche de son frère jumeau enfermé depuis toujours dans une prison inaccessible -en fait, une sorte de Patrick Fiori en pyjama se déplaçant à la manière d’un gros loukoum synthétique. Avec ce genre d’intrigue destinée à faire se pâmer les ados au romantisme boutonneux, les rôlistes dézingués du bulbe et les fans les plus graves du Seigneur des anneau (le monde vu comme un Monopoly génétique fonctionnant sur la classification des races et un folklore langagier pathétique), le film ne cherche bien sûr à convaincre personne sinon ses petits gardes-chiourmes zélés.

En ressort une gravité on ne peut plus rebutante, comme dans le premier opus, et malgré la volonté d’atteindre une amplitude plastique nouvelle (les grandes courses dans les paysages enneigés, la forteresse finale), une médiocrité de tous les instants. Si peu d’élégance pour tant de sérieux éprouve au dernier degré, laissant le spectateur face à un mur sur lequel ni le second degré ni la volonté de se rendre à la puérilité qu’appelle le film n’ont d’emprise. Zéro sur toute la ligne : avec la série Underworld (le troisième épisode est déjà en route), la frime discount et la SF de plomb tiennent à coup sûr leur nouvel étalon.

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