Dès les première notes de musique, le film paraît réussir l’exploit de remettre tout le monde dans le bain malgré l’absence de Schwarzy au générique. Tout est dans cet état d’esprit archi Cameron qui semble l’habiter et qui avait un peu fui l’épisode 3 – excellent mais complètement dégraissé – signé Jonathan Mostow : ce côté mélo éléphantesque des origines, avec ses prophètes incompris, son Jugement Dernier de farces et attrapes, ses voix-off pontifiantes qui mettent la honte en questionnant l’essence de l’humanité, son avenir et la force du cœur humain dans la lutte contre les Machines. McG, cinéaste caméléon et racé, est très doué pour jouer les coucous et s’emparer de ce bric-à-brac jadis tant aimé, se fondre dans le mythe comme s’il était chez lui et mixer pyrotechnie lourde et effets numériques dernier cri dans une très belle architecture gris acier. Problème : ce n’est que pour habiter une grosse coquille vide et jouer les gros bras gonflés à l’hélium. Le beau sujet de ce T4 (le retour dans le temps d’un père chargé de sauver son fils plus âgé que lui dans le temps du film) s’évapore ainsi dans une succession de séquences d’action surboostées, souvent jouissives, mais sans la moindre ampleur narrative. A force de « jouer à » comme un moutard surexcité dans un parc d’attractions, McG transforme le film en une sorte de karaoké complètement creux.

Il faut avouer que si Terminator 4 ne sait pas s’adapter à son époque, restant plombé par son aspect baudruche des années 90 (il suffit de revoir le cultissime Terminator 2 aujourd’hui pour se rendre compte de son gros côté has been), c’est peut-être qu’au fond la franchise a fait long feu : son trop plein de sérieux suprêmement ringard, sa soumission à la culture préado (le personnage du gamin-héros wannabe Edward Furlong, l’insupportable kid chevelu muet, la culture moto / hardos un peu moisie), tout sent le mauvais remake de trop. Plus sûrement encore, la faute incombe à Christian Bale : lui qu’on aimait tant, et qui a visiblement aujourd’hui les chevilles grosses comme des pastèques mûries à Tchernobyl, est aujourd’hui insupportable d’arrogance. Il plombe à lui-seul le film de sa voix de vieux batracien enroué, s’imaginant peut-être en une sorte de Clint Eastwood de mauvais cartoon. Avec pour seul contrepoint le très fade Sam Worthington (plus endivesque que Ben Affleck, et qu’on espère un peu plus enjoué dans Avatar, le prochain Cameron), l’ensemble a le goût d’un vieux coca qu’on a trop longtemps laissé à l’air libre : effet pschitt, parfum éventé, on espérait beaucoup plus de cette sympathique mais tristounette renaissance.

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