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A l’origine, un fait divers. L’itinéraire d’une femme qui devient mère pour arranger tout son entourage, elle y compris. Pour arranger sa vie. Mais une mère sans foetus, sans grossesse, la mère idéale en somme. Pourquoi laisse-t-elle croire à chacun qu’elle est enceinte ? Pour qui, donc ? Son mari, qui allait la quitter, ou son père, que l’espoir de voir son petit-fils maintient en vie ? Et puis parce qu’il devient bientôt impossible d’inverser, voire simplement de stopper la machine -dépassée, doublée par les événements, Magali se laisse porter jusqu’au bout de son délire. Et connaît finalement la maternité. Sans en dire plus, Claire Simon traite pratiquement son récit d’une main de reporter. Des scènes prises sur le vif. Une caméra clinique et prosaïque. Et voilà où le bât blesse à mort. Ce cinéma vérité a quelque chose d’horripilant, dans sa prétention à pouvoir rendre importants les moments les plus insignifiants ou les plus petits caractères, sans effort aucun. A ennoblir le quotidien par le simple jeu de l’objectif et des comédiens. Et à oublier que la gravité d’une situation doit une belle part de sa valeur cinématographique à la torture de la mise en scène. Sinon, oui accumule les banalités tout en échouant à les transfigurer, sauf à de rares occasions. Le parti pris anti-esthétique noie le film dans la torpeur et Catherine « Mitsouko » Ringer nous fusille les tympans en guise de B.O.