PARTAGER
2
sur 5

Il y a indubitablement quelque chose de commun entre Jackie Chan et les figurines Playmobil qui ont peuplé l’enfance de tout un chacun. Le comédien chinois, comme les petits jouets allemands, peut s’adapter à tous les milieux grâce à des accessoires et panoplies amovibles ; on peut ainsi le retrouver aussi bien en chasseur de pirates qu’en policier, en chef de gang qu’en agent secret ; un changement de décor et le voilà transporté des mers asiatiques dans le Bronx, du Hongkong des années 30 au Nevada. Le Jackiemobil traverse toutes les époques et toutes les sphères mais reste indémodable. Le comédien a néanmoins quelques avantages non négligeables sur son clone en plastique. A commencer par la souplesse et l’humour, dont il a fait ses marques distinctives en couplant systématiquement action et burlesque depuis son accession au rang de star à la fin des années 70.

Dans Shanghaï kid, avec lequel il poursuit sa conquête du marché US (après Rush Hour), Jackie Chan interprète un garde impérial qui, à la fin du siècle dernier, quitte la Cité interdite pour voler au secours d’une princesse retenue prisonnière aux confins de l’Ouest américain. Son arrivée en terre étrangère suscite bien des remous et il n’a d’autres solutions pour rester en vie que de s’associer à un fieffé gredin dont il deviendra le partner et l’ami. Le scénario sert de prétexte à l’incontournable succession de gags et de cascades auxquels le comédien nous a habitués, et joue principalement des chocs culturels : Jackiemobil en Indien fumant le calumet de la paix, Jackiemobil en émule de John Wayne remplaçant le nunchaku par des cornes d’élan, etc. L’idée n’est pas nouvelle puisque certains westerns spaghetti avaient déjà introduit les arts martiaux en terre des pionniers à l’occasion de quelques bandes fumeuses et oubliées telles Les rangers défient les karatékas et Le Blanc, le Jaune et le Noir. Force est d’admettre que Shanghaï kid se hisse à un niveau supérieur et remplit le contrat qu’il s’est fixé. Dans le registre d’un cinéma commercial, sans ambition artistique affichée, le film fait office de produit fiable et recommandable. Jackie Chan, ses bondissantes pirouettes et sa débordante énergie burlesque y sont pour beaucoup.