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sur 5

Seconde chance fonctionne un peu comme Smoking / No Smoking : une situation, deux hypothèses débouchant sur deux issues bien distinctes (mourir ou ne pas mourir). La comparaison avec l’œuvre bicéphale de Resnais s’arrête là. La construction est ici beaucoup plus paresseuse, avec une première partie intitulée « Morir » -sept histoires, autant de cadavres, le tout filmé en noir et blanc pour faire plus triste- et une seconde, « No morir », qui revisite chacune des saynètes précédentes, avec fin heureuse, effet domino (le survivant de la dernière historiette intervient dans l’avant-dernière pour en changer l’issue, etc.) et, bien évidemment, pellicule couleur. Ce récit procédurier étonne deux secondes, puis ennuie profondément, une fois que l’on comprend que le réalisateur en restera tristement prisonnier.

Cette recherche d’originalité est d’autant plus vaine qu’elle ne sied pas du tout au réalisateur catalan. Ventura Pons a visiblement cherché à s’affranchir de l’étiquette de théâtreux qui lui colle à la peau, alors il en rajoute, bouge sa caméra, multiplie les mouvements, les changements de plan… On sent derrière tous ces artifices la recherche d’une mise en scène conceptuelle qui ne prend malheureusement jamais corps. La faute aussi à des comédiens peu inspirés, qui achèvent de massacrer le long métrage à force d’outrances et d’hystéries calibrées. Même le césarisé Sergi Lopez, en tueur à gages, n’y croit pas, se demandant vraisemblablement ce qu’il est venu faire dans cette galère catalane. Le scénario de Morir o no ressemble à une mauvaise dissertation de collégien. Bâti sur un classique triptyque thèse / antithèse / synthèse, le film se conclut sur une diatribe de l’un des personnages contre ces auteurs démiurgiques qui jouent avec la vie de leurs personnages, choisissant au gré de leur inspiration de les faire vivre, souffrir ou mourir. C’est le dispositif même du film qui s’en retrouve annihilé, comme si le metteur en scène s’était soudainement rendu compte de la vacuité de son travail, nous faisant part de sa désillusion et de son dépit.