Une bonne surprise venue de Hongrie – ça n’arrive pas tous les jours. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2006, Les Paumes blanches est le troisième long-métrage de son auteur, le premier à connaître une distribution en France. Son héros est interprété par le frère du metteur en scène : c’est plus ou moins son histoire qui est contée. Celle d’un jeune gymnaste formé à coups de trique à la dure école des pays de l’Est, programmé pour gagner, et dont l’itinéraire va complètement bifurquer (du sport au cirque) sans qu’il renonce à son idéal de base : équilibre et légèreté, souplesse et puissance. Le film opère des allers-retours sur deux époques.
1. Aujourd’hui, Miklos débarque au Canada pour y devenir entraîneur, et prend sous son aile un jeune gymnaste rebelle et arrogant, mais surdoué (interprété par un vrai médaillé olympique canadien).
2. Flash-back, retour dans la grisaille de la Hongrie des années 80, où le jeune Miklos est formé par la poigne d’un coach tyrannique et pervers. On ne peut s’empêcher de penser à la récente vague des films roumains (La Mort de Dante Lazarescu, 12h08, à l’Est de Bucarest, 4 mois, 3 semaines, 2 jours, et quelques autres inédits), au moins pour cet examen, par des voies détournées (ici le sport), de la réalité des mécanismes de terreur sous le joug de la dictature communiste. Le flash-back impressionne par sa sécheresse et sa violence coupante, même s’il s’avère assez vite un peu redondant.

Plus réussie est la partie contemporaine, qui culmine lors d’un culotté montage parallèle entre une compétition de saut de cheval et un numéro de cirque, qui donne au film des allures de mélodrame sportif émouvant et attachant jusque dans ses maladresses. Les Paumes blanches ne craint jamais la dissonance et une certaine emphase, mais parvient à se réceptionner toujours sur ses deux pieds. Ça mérite une médaille.

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