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sur 5

Les grandes (Christopher Walken) ou petites (come-back de la chanteuse pop Cyndi Lauper) curiosités de la distribution ne permettent pas de résister longtemps à l’état de profonde somnolence dans lequel l’hypnotiseur surdoué Myles Connell a décidé de nous plonger. Le temps de constater que l’immense Christopher Walken déroule tout son talent dans le vide le plus absolu sans se casser la figure, et d’apercevoir l’ex-midinette décolorée du Top 50 pour se rendre compte qu’elle vieillit avec talent (au cinéma en tout cas), et nos paupières deviennent si lourdes que seule une conscience professionnelle aiguë nous empêche de sombrer dans le profond sommeil qui nous tend les bras. Car pas question de tomber dans le panneau de ce magnétiseur perfide (en profitant d’une séance de relaxation gratuite) qui compte à l’évidence sur une absence plus ou moins prolongée du spectateur pour faire passer ses images en catimini (pas vu, pas pris). Malheureusement pour lui, l’œil du critique, peut-être en berne mais toujours vigilant, revient de cette aventure paradoxale avec de bien mauvaises nouvelles à propos de son film.

Lancés dans un grand écart hasardeux entre chronique sociale tendance papier glacé et thriller mou, Les Opportunistes en sont quittes pour une spectaculaire rupture du col du fémur. Mécanicien en plein marasme financier, Victor Kelly (Christopher Walken) vivote tranquillement lorsque Michael, qui se présente comme un cousin lointain en provenance directe d’Irlande, vient tenter de relancer son passé de malfaiteur. Pour rendre compte de la vie de ces immigrés irlandais dans un quartier de la classe moyenne américaine, le cinéaste se contente de promener paresseusement sa caméra dans des rues en toc pour filmer quelques maisons ou voitures plantées là de manière pittoresque (sans oublier l’incontournable bar), puis de les peupler de divers stéréotypes unis par des liens sans sève vitale. La vie de famille de Victor se limite donc à une vitrine factice où les rapports entre les personnes sont seulement esquissés en vue de signifier un ensemble de relations issues des modèles les plus communs. Sans doute espérait-il stimuler ce monde sans vie ni particularisme par l’introduction d’une intrigue tout entière tournée vers l’organisation d’un casse. Au final, la platitude des péripéties qui accompagnent le vol n’a d’égale que l’insignifiante langueur avec laquelle le cinéaste accumule les détails les plus banals.