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3
sur 5

Entre Microcosmos et les photos de Yann Arthus-Bertrand, le nouveau film de Jacques Perrin, Le Peuple migrateur, nous entraîne, à vol d’oiseau, dans un voyage autour de la planète. En producteur ambitieux, Jacques Perrin ne recule devant aucun pari technique ou humain. Ces dernières années, il a prouvé son goût pour des sujets souvent difficiles et audacieux avec, notamment, des productions telles que Microcosmos, le peuple de l’herbe (1996) ou plus récemment, en 1999, Himalaya, l’enfance d’un chef. Chaque fois, le succès critique et public viennent très justement récompenser cette prise de risques.

Ni documentaire animalier, ni film de fiction, ce nouvel opus navigue entre les genres pour offrir un périple aérien à travers les cinq continents. Ce parti pris, beaucoup plus contemplatif que didactique, laisse cependant un peu sur sa faim. On découvre, émerveillés, le spectacle mais beaucoup de questions sont éludées. On aurait sûrement aimé en savoir plus sur ces diverses espèces de migrateurs. Le véritable défi du film réside dans les techniques de prise de vues, uniques au monde. Il aura fallu quatre années de travail et une équipe de 150 personnes pour arriver à filmer la migration de ces oiseaux sous toutes les latitudes Ainsi, des prototypes ont été développés pour permettre les tournages aériens selon les diverses dynamiques de vol, les tournages aquatiques ou en conditions extrêmes. Le résultat est à la mesure : jamais les oiseaux n’ont été filmés, en plein vol, d’aussi près. Cette exceptionnelle proximité crée un sentiment de complicité avec ces héros des airs dont on suit le parcours aux quatre coins du monde. Les prouesses techniques ne viennent cependant jamais parasiter ou effacer le vrai sujet du film et servent, au contraire, celui-ci.

La photo (réalisée par quatre chefs opérateurs !) est tout à fait remarquable et les paysages et les reliefs exceptionnels de pays aussi divers que la Chine, l’Islande, les Etats-Unis défilent sous les ailes des migrateurs. Seuls le silence ou la musique de Bruno Coulais, entrecoupée de bruitages et de rares explications en voix off, accompagnent le vol des oiseaux.