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2
sur 5

Valérie Lemercier jouit d’un statut assez particulier dans la sphère de nos comiques nationaux. Fort populaire, notamment grâce à son rôle dans Les Visiteurs, elle a toujours su se démarquer de la franchouillardise par ses ambitions : des spectacles dont l’humour très fin masquait parfois des tragédies souterraines ; une authentique présence clownesque, voire burlesque ; le remake d’un film de Guitry –Quadrille– en tant que réalisatrice. Autant dire que Le Derrière était attendu avec une certaine curiosité.
Frédérique (Lemercier), jeune campagnarde, vient de perdre sa mère qui ne lui a jamais révélé l’identité de son géniteur (Claude Rich), une aventure de seulement quelques jours. En fouillant dans les affaires de la défunte, Frédérique retrouve toutefois la trace de celui-ci : il s’agit d’un riche conservateur nommé Pierre Arroux, qui vit désormais à Paris en compagnie… de son amant Francis (Dieudonné), un proctologue. Frédérique se travestit alors en Frédéric, pensant naïvement qu’un fils efféminé et homosexuel sera accueilli avec plus d’enthousiasme par Pierre. S’ensuit toute une série d’imbroglios plutôt classiques jonglant avec les notions d’identité, de sexualité, et de différence de classe.

Le Derrière vaut surtout par son côté parfois légèrement décalé : les mimiques improbables de Lemercier, quelques envolées fantaisistes inattendues (Frédéric, mû par une euphorie soudaine et se mettant à sautiller en pleine rue ; Frédérique gambadant dans sa campagne avec son cheval), et certains personnages naviguant entre le cliché grotesque et la vraie drôlerie (Marc, par exemple, meilleur ami de Frédérique et folasse dont l’accent du sud est à couper au couteau). L’ensemble est toutefois assez décousu, accusant en particulier de dérangeants vices de scénario. L’efficacité comique du film se retrouve en effet réduite à néant lorsque les situations présentées ne sont pas justifiées par un minimum de vraisemblance (on ne comprend ainsi pas comment Pierre cherche à se coltiner Frédéric lors d’une soirée officielle). Bien que raté, Le Derrière reste pourtant une aimable comédie, jamais vulgaire ni ennuyeuse, bien que frôlant souvent le quelconque. On est en droit d’attendre davantage de la part de Lemercier.