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3
sur 5

Le bar des amants est un film atypique à bien des égards. Il prouve en tout cas qu’il existe une vie en dehors des « grosses » productions. Tourné essentiellement grâce à un engagement exceptionnel de la région Basse-Normandie et du département du Calvados (les seuls avec Injam production à croire dans le scénario du film), Le bar des amants a fait son petit succès dans une salle de Caen début janvier.
Avant de se « promener » très prochainement, le film sort en exclusivité au « St Lazare pasquier » à Paris. Si l’occasion se présente, n’hésitez pas à aller découvrir ce film franchement étonnant à défaut d’être totalement abouti. Son réalisateur possède en tout cas suffisamment d’idées originales pour être encouragé.

L’histoire est à la fois simple et déroutante : dans un petit village normand, l’imagination du patron du bar, récemment « délaissé » par sa femme, nous fait découvrir les passions amoureuses de ses concitoyens, des êtres extrêmement singuliers : la petite fille amoureuse d’un trapéziste, le charcutier nul en orthographe, la serveuse muette qui retrouve sa voix grâce à un ventriloque alcoolique…

Le bar des amants se fait l’écho des grands drames et des petites joies de ces personnages attachants et parfois hauts en couleur. Certains évoquent par moment quelques figures mises en scène par les Deschiens, la tendresse en plus. Quand le film verse dans l’absurde poétique et libérateur, c’est plutôt au duo Caro-jeunet que l’on pense. Une comparaison qui tient pour les personnages, mais aussi pour les parti-pris de mise en scène, de lumière et d’utilisation des décors.
C’est sans aucun doute le plus agréable et le plus surprenant dans ce film tourné sans grand moyen. Bruno Romy a en effet particulièrement soigné l’aspect visuel de son film.
On reparlera sans aucun doute très rapidement de ce jeune réalisateur.

Si son scénario manque d’unité et part un peu dans tous les sens, Bruno Romy (qui interprète également avec conviction l’un des personnages les plus drôles du film, « Edmond » l’idiot du village) impose en tout cas dès son premier long métrage un rythme singulier et un ton très personnel. C’est déjà énorme.