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sur 5

Si Issue de secours avait pu laisser croire à une résurrection sympathique du routard Dick Maas, ce remake avoué de L’Ascenseur, pseudo-film-culte qui doit plus à sa trouvaille-titre renouvelable à l’infini (le réfrigérateur, le congélateur, l’aspirateur, etc.) qu’à un véritable sens de la mise en scène, vient remettre les pendules à l’heure : Dick Maas possède des talents de faiseur certains, mais son opportunisme un peu fumiste montre aussi toutes ses limites. Dans Issue de secours, il refaisait Témoin muet sur un mode ludique et graveleux assez réjouissant. Le mauvais goût, l’irrévérence visuelle (on se souvient du chanteur de rock déjanté zonant au dernier étage de l’hôtel du film) y jouaient avec une irrésistible tendance au gag popcorn, au slapstick trash ou à la chute glauque et rigolarde.

C’est ce qui manque tant à cet Ascenseur niveau 2 : la tentative de refaire son propre film tend ici à l’emballage pur et simple d’idées déjà vues, une sorte d’entre-deux entre esprit de sérieux (le premier film restait assez terrifiant par instants) et volonté de racoler un public engorgé aux slashers fades et aseptisés. Hormis quelques séquences réussies (les premiers méfaits de l’ascenseur), ne subsiste ici qu’un grand chantier de recyclage faussement sophistiqué : les moyens décuplés du film gagnent en supercherie visuelle ce que les limites du premier lui apportaient de simplicité sèche et tendue. Plus de suspense, ici, mais une multitude de séquences pyrotechniques et grossières. Le film, progressivement, se boursoufle et se perd dans une intrigue grotesque et tendancieuse.

Ce qui marque le plus ici est la preuve que Maas a parfaitement intégré et assimilé les grandes peurs et phobies du cinéma US (on y cite Ben Laden et la thèse d’agressions terroristes alors que le film fut présenté à Cannes bien avant les attentats du 11 septembre 2001). Alors qu’il se déroule la plupart du temps dans le Millenium Building de Manhattan, on se prend à frémir devant certaines scènes, le film évoquant presque malgré lui des charges de réel apocalyptiques, un malaise sinistre et diffus qu’il doit moins à sa trame pataude qu’à certaines visions vertigineuses des hauteurs de Manhattan. De cette profondeur horrifique presque involontaire, L’Ascenseur niveau 2 révèle encore plus ses défauts : gags, inserts vulgaires ou bons mots tombent tous à plat. Ne reste qu’un film sans ambitions, plutôt bien réalisé mais qui ne trouve jamais le ton juste : une petite bouffissure honnête et totalement inutile.