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3
sur 5

Mieux vaut ne pas être allergique à l’humour Canal + pour apprécier le premier long métrage du duo comique Eric et Ramzy. Les deux interprètes de H, série phare de la chaîne cryptée, sont en effet accompagnés dans leurs aventures par Marina Foïs des Robins des Bois dont le personnage de Marie-Jöelle/Stéphanie n’est pas sans rappeler les meilleurs moments de « l’instant fraîcheur ». C’est dire si l’on se sent en territoire connu. Pourtant, La Tour Montparnasse infernale se distingue des caprices cinématographiques des autres comiques français. En laissant la primauté au jeu d’acteur, le film pallie son manque d’audace en matière de réalisation pour mettre habilement en avant son plus grand atout : la qualité de ses interprètes. Car si l’on rit beaucoup devant cette loufoque prise d’otage, c’est surtout grâce au talent des comédiens que le passage en version grand écran ne semble en rien avoir bridé.

Jouant à fond la carte de la parodie – voir le sous titre du film Dis « Hard », allusion directe au Piège de cristal de John Mc Tiernan -, Eric et Ramzy, auteurs des dialogues et du scénario, s’amusent à dynamiter la charge catastrophique de l’histoire en y insufflant une bonne dose d’absurde.Deux laveurs de vitres, incarnés par nos deux lascars, assistent à la prise en otage du PDG d’une grosse société basée dans la tour Montparnasse. Le commando est dirigé par la nièce du président, Stéphanie, qui a engagé une bande de « professionnels » pour faire le sale boulot : tuer l’oncle et ses fils après avoir réussi à ouvrir le coffre. Bien entendu, tout ne se passe pas comme prévu notamment grâce aux interventions involontaires d’Eric et Ramzy, véritables « héros malgré eux ». Bien qu’une fortune ait été investie dans les décors, les effets « grand spectacle » du film (l’explosion d’un étage de la tour et du parvis de la gare Montparnasse, les prises de vue vertigineuses et la fuite en hélicoptère) paraissent souvent assez cheap tant ils sont tournés en dérision par les gaffes des protagonistes. Plus enfantine qu’infernale, la tour ressemble bien vite à un vaste terrain de jeu pour des acteurs dont le point commun, hormis pour Rabioukine excellent en « faux dur », est de renouer avec les gamineries et chamailleries de l’âge tendre. D’où la structure du film largement conçue pour faire la part belle aux mini-sketches de Marina, Eric et Ramzy. Certains pourront reprocher au film ses tics quelque peu télévisuels, les autres, adeptes de l’humour régressif prôné par les trois trublions du PAF, plongeront avec délices dans la frivolité assumée de leurs discussions sans fond et sans fin.