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2
sur 5

Surfant sur le succès inattendu de Billy Elliot, le petit garçon qui voulait devenir danseur, voici Jimmy Grimble et ses rêves beaucoup plus conventionnels. Le jeune Jimmy n’a en effet qu’une idée en tête, devenir joueur de football professionnel. Un fantasme qui doit concerner pas loin de 90 % des bambins de son âge. Seulement voilà, notre héros est doué pour le ballon et le film de John Hay suit donc l’ascension de ce petit garçon introverti qui finit par devenir la star de son école à Manchester. Plutôt destiné au jeune public, Jimmy Grimble est un sympathique récit d’apprentissage qui ne brille pourtant pas par son originalité. On y retrouve le schéma type du vilain petit canard qui se transforme en cygne. Au départ, la vie de Jimmy est en effet une vraie catastrophe qui cumule tous les poncifs liés à l’adolescence ingrate. Tête de turc du lycée, Jimmy vit avec sa mère célibataire et souffre d’un grave problème de confiance en soi qui lui fait perdre tous ses moyens dès qu’il participe à un match. Un peu gênant quand on aspire à devenir champion ! Sa rencontre avec une mystérieuse SDF qui lui confie de vieilles chaussures de foot censées être magiques va bouleverser sa vie.

Malgré les raccourcis un brin naïfs du scénario et le ton bon enfant de l’ensemble, le film de John Hay se laisse regarder, notamment grâce à une bande-son réunissant les artistes maison de Manchester comme les Stones Roses, les Happy Mondays ou les Chemical Brothers. Leurs tubes rythment les matchs de l’équipe de Jimmy et permettent surtout au réalisateur de booster une mise en scène un rien mollassonne. Foot + pop, John Hay a trouvé le duo gagnant pour captiver et caresser dans le sens du poil son jeune public dont les rêves de carrière balancent entre le ballon rond et les platines. C’est sans surprise que Jimmy Grimble exploite une nouvelle fois ce filon « populaire » qui a forgé le succès du cinéma anglais. En tête d’affiche, on retrouve les inévitables Robert Carlyle et Ray Winstone, en passe de devenir les acteurs « symboles » de ce monde prolétaire si souvent mis à contribution par les fictions britanniques. On en oublierait presque leur talent, superbement à l’œuvre dans ce conte de fées moderne dans lequel les baskets à crampons ont remplacé les bottes de sept lieues.