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Le film Fermeture de l’usine Renault à Vilvoorde sort très exactement deux ans après l’annonce de la fermeture du site. Aujourd’hui, en pleine négociation sur la réduction collective du temps de travail et le passage aux 35 heures du secteur français de l’industrie automobile, « l’affaire » Vilvoorde semble déjà enfouie dans les tréfonds des archives télévisées. Le film de Jan Bucquoy ne va pas aider à les faire revivre. C’est même le pire malheur qui puisse arriver à cette crise sociale que d’être associée à un ovni filmique totalement indigeste.

Jan Bucquoy est un réalisateur polémiste ayant pour arme la provocation soi-disant anar et un mauvais goût envahissant. Sa biographie est un melting-pot d’actions parfois délirantes, parfois débilitantes : ex-futur député de la liste B.A.N.A.N.E. (Bien Allumés Nous Allons Nous Evader), scénariste d’une BD intitulée La Vie sexuelle de Tintin, Lucky Luke, Asterix et autres Schtroumfs, fondateur du musée du slip et plus récemment réalisateur d’une série intitulée La Vie sexuelle des belges dont le film qui sort ces jours-ci en salle constitue le troisième opus (après un Numéro 1 en 1993 qui a obtenu le prix Cavens de « meilleur film belge de l’année » et Camping Cosmos en 1996, Grand prix du festival du film trash de Lille).
Voilà pour le personnage, quant à son film, il donne la parole à des grévistes de chez Renault filmés en gros plan vidéo lors de manifs ou de piquet de grèves. Le seul recul à leur discours est apporté par des extraits de La Vie est à nous de Jean Renoir, d’Octobre de Sergueï Eisenstein et de Grands soirs et petits matins au quartier Latin de William Klein. Grandes références pour un brûlot de cinquième zone, mais, jusque là, rien de très original… La « caractéristique » du film, vient du fait que le réalisateur est, à l’écran, un personnage de son propre film et que rien de sa vie (sexuelle de belge) ne nous est épargné : petit déjeuner glauque avec sa copine, séance d’épluchage des légumes, acte sexuel dans différentes positions et à plusieurs reprises… Finalement, le champ du fantasme envahit ce si sinistre réel et Jan Bucquoy kidnappe un clone de Louis Schweitzer, PDG de Renault, pour achever son œuvre en pseudo snuff movies… Avis aux (a)mateurs !