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Martin Lawrence, stand-up artist, extrêmement populaire aux Etats-Unis, n’a jamais vu son succès d’outre-Atlantique se répercuter en France. Sa sitcom, Martin, laisse peu de souvenirs et ses derniers films, à l’exception de Rien à perdre, n’ont pas bénéficié ici de sortie en salles. Son humour, à la fois verbal et physique, est loin de faire dans la dentelle et s’exporte de toute évidence plus difficilement que celui d’Eddie Murphy, autre star comique black dont il fut par deux fois le partenaire dans Boomerang puis Perpète (sortie prévue le 11 octobre 2000). Ce n’est pas Big Mamma, grasse et crasse comédie boursouflée de vulgarité qui devrait modifier son statut. Cette resucée faiblarde de Mrs Doubtfire, modèle en soi déjà passablement douteux, accumule en effet toutes les balourdises envisageables et décline, sans la moindre vergogne, une panoplie de gags scatophiles et machistes que les pourtant peu scrupuleux scénaristes de Porky’s et amalgamés n’avaient osé transposer au cinéma.

Dans un état du sud des States, un agent du FBI, spécialiste du transformisme, se fait passer pour une vieille grand-mère obèse afin de se rapprocher de la petite amie d’un criminel en fuite. Comme il se doit, la jeune femme est une plante sculpturale, naïve et innocente, à laquelle notre clown noir, handicapé qu’il est par ses oripeaux de grosse croulante geignarde, éprouve tout le mal du monde à résister.

Raja Gosnell, dont les deux premiers films (Maman, je m’occupe des méchants et College attitude) avaient suffi à mesurer l’absence totale d’aptitude pour la mise en scène et plus spécifiquement la comédie, récidive dans la médiocrité avec un sans-gêne qui s’apparente au mieux à de l’inconscience au pire à de l’effronterie. Les grimaces et l’outrance de Martin Lawrence constituent son unique appui pour provoquer le rire et le réalisateur semble ignorer totalement comment gérer l’espace ou le temps pour parvenir aux mêmes fins. Son Sud a les couleurs d’une pub pour le « riz qui ne colle pas » et les interludes sentimentaux ménagés par la présence de Nia Long suintent de platitude. Un film idiot et déplaisant (une scène d’accouchement au saindoux vaut, en particulier, son pesant de grossièreté) comme il est rarement donner d’en voir.