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Que la vie des studios de Hollywood doit être ennuyeuse ! L’agitation des plateaux de tournage, les cascades et la logistique des effets spéciaux, le tout au service d’une même formule réchauffée à n’en plus finir, une même rengaine dont on a peine à croire que même les producteurs de nanars les plus aguerris ne soient pas lassés… A l’aube du sixième jour est en quelque sorte la trombe d’eau qui fait déborder le vase. Effectivement, le blockbuster de Noël est loin d’être un cadeau. Pénible pensum sur le clonage et ses dangers, situé dans un futur proche (« plus proche que vous ne le pensez », affirme le film, brrr…), le long métrage de Spottiswoode est aussi mauvais sur le terrain de l’action pure que de l’exposé scientifique. Malgré quelques réussites de jeunesse (Under fire ou Randonnée pour un tueur), cet ancien monteur de Sam Peckinpah poursuit décidément une carrière décevante.

Et ce dernier navet ne déroge pas à la règle : à part les quelques idées originales du scénario, rien n’est raisonnablement défendable dans A l’aube du sixième jour. Il faut dire que Schwarzy, dont le come-back raté s’éternise, fait ici peine à voir. Incapable d’exprimer une quelconque émotion, le visage pétrifié par une accumulation de liftings, il se déplace avec la souplesse d’un gorille atteint de polyarthrite. Son rôle n’a d’ailleurs presque rien de physique, si ce n’est une scène où il joue du biceps devant le miroir de la salle de bains -les amateurs de culturisme devront s’en contenter. La star, dans un sursaut narcissique, a dû se réjouir à l’idée d’apparaître en double dans le film (le héros, pilote d’hélicoptère, menace d’être remplacé par son propre clone et doit donc affronter son double). Producteur, on le juge responsable de la plupart des âneries commises -à commencer par sa propre présence en vedette, l’éviction de John Sayles, auteur de la première mouture du scénario, puis de Joe Dante comme metteur en scène. Dommage, on aurait été curieux de voir ce que ces deux-là auraient tiré d’un tel sujet si, une fois de plus, la bêtise et les gros sous ne s’étaient pas acharnés contre le talent.