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3
sur 5

On sait très peu de choses sur Múm, si ce n’est qu’il s’agit d’un duo islandais (de Reykjavík) ayant sorti il y a quelques mois un premier maxi, avant de proposer cet album au titre tragicomique qui, sans cartonner -trop petit label, trop petit pressage, pas assez d’exposition médiatique, on connaît la chanson-, vient de rencontrer un début de succès d’estime chez nos amis d’outre-Manche, toujours en quête de la dernière petite merveille nordique.

C’est très bien ainsi, pouvoir de temps en temps se plonger dans un disque sans avoir de références, de repères, de ouï-dire, de rumeurs plus ou moins concordantes, d’échos de presse enthousiastes, de hype grandissante. On n’en apprécie que mieux la musique, elle seule. D’autant que Yesterday was dramatic, today is ok se révèle être un authentique petit bonheur intimiste. Il ne tient pourtant qu’à un minimoog, un sampler Akai, un Juno 106 et deux-trois petits instruments (trompette, clarinette). C’est suffisant pour produire une musique à la fois libre (on n’ira pas jusqu’à dire novatrice) et intimiste, pas si éloignée de ce que font les meilleurs expérimentateurs sonores du moment, mais aussi si simple et accessible.

Les dix morceaux qui composent l’album sont autant de petites symphonies champêtres pour machines. Et l’on se prend vite à penser que si un groupe comme Lambchop utilisait du matériel numérique, le résultat pourrait être cousin de ce que l’on entend ici. Il y a une impression de tranquillité assez étourdissante qui se dégage de titres comme Awake on a train, Sunday night just keeps on rolling ou The Ballad of the broken birdie records (avec sur celui-ci, une très jolie voix féminine, le reste de l’album étant instrumental).

Oui, Mùm, même avec un maximum de machines, réussit à se montrer très poétique. Et s’il faut chercher des réminiscences en forme de comparaisons, on citera volontiers les compatriotes Gus Gus, Broadcast, Autechre, voire -pourquoi pas- les premiers Orchestral Manoeuvres In The Dark. Seulement voilà, on s’en fout un peu, tout ce qu’on veut, c’est s’imprégner le plus possible de ces comptines du Grand Nord, s’immerger dans un songerie méditative, rester douillettement dans ce cocon quasi fœtal et ne plus en sortir. Ouais, finalement aujourd’hui, ça va pas mal du tout.