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2
sur 5

Bienvenue dans le monde décharné des remixes en tout genre. Avec Bit Sand Riders, la formation occulte du batteur Jaki Liebezeit (ex-Can) tend la main à l’internationale electronica et prête le flanc aux critiques. Malgré les efforts marketing répétés de classer toute formation utilisant un sampler sous la dénomination d’electro (ou mieux, de techno !), Pluramon est resté contre toute attente une des plus belles formations post-rock actuelles. La musique de Pluramon étant fondamentalement organique, l’exercice de remixage aurait pu être passionnant. Il n’en est rien.

La prise en main des longues suites originales par la poignée d’irréductibles « noisicians » que sont FX Randomiz, Matmos ou autres Merzbow tend vers un gâchis globalisé, leur furia éjaculatoire ne masquant pas la pauvreté du propos tenu. Et une fois de plus, le syndrome très banal du remixeur moyen est en marche. Aux côtés des terroristes sonores, des témoignages trop respectueux, comme ceux de Lee Ranaldo ou High Llamas qui sombrent dans une condescendance des plus navrantes. Dans ce grand fourre-tout bariolé qu’est Bit Sand Riders, peu de morceaux passent l’épreuve de la première écoute ; seuls le « self remix » de Pluramon et Hintergrund de Mogwaï sortent la tête de l’eau grâce à un travail musical de fond exploitant les cavités laissées par le morceau original. Car il s’agit bien de ça, finalement : remixer n’est sûrement pas étouffer une œuvre mais bien explorer sa porosité pour dégager un objet musical mutant. Contrairement aux deux albums dont est tiré le matériau remixé (Pickup Canyons et Render Bandits), Bit Sand Riders n’arrive pas à atteindre de cohérence interne. Comme souvent, les directions musicales trop divergentes apportées par des musiciens-fans en mal d’inspiration ne font qu’appauvrir la matière musicale originelle, ces longs drones ascensionnels aux rythmiques brisées et aux mélodies nostalgiques détournées. Vous avez dit gâchis ?