3
sur 5

Splinter cell, ou ce souvenir mémorable de la possibilité graphique de l’action discrète par les ombres.Depuis, l’infiltration a conquis l’open-world (Assassin creed) ou se complait dans l’expérience über-cinématographique (les Metal gear solid). Sam Fischer ringardisé ? Heureusement, le has-been aux bésicles infrarouges entame un dernier tour de piste. Mais cette fois-ci seul contre tous, suite au meurtre récent de sa fille. Son agence est infestée de taupes et le gouvernement peuplé de pantins apathiques (une incise anti-Obama de l’oncle Tom Clancy, roi des néo-cons ?). Malgré les tempes grisonnantes (ressemblance physique frappante avec Mel Gibson), Fischer endosse sa plus belle panoplie bad-ass : fuck la logique Murdoch (trop vieux pour ces conneries) et vive la doctrine vigilante.

Reboot conceptuel ? Digestion des nouveaux VRP boutefeux de l’intervention directe (Bauer & Bourne Associés) ? Ubisoft a eu l’idée malingre de proposer une refonteen demi-teinte. Si ombres et lumières demeurent les bases de toute survie, finies les heures d’attente en alcôve improvisée pour tuer sans esclandres. La tangente bovine a désormais droit de cité, même si elle reste en deçà de la moindre escarmouche de Gears of war. Car Conviction reste un jeu de stratégie en vue subjective, concept semble-t-il déposé par la franchise. La jouissance du titre passe donc dans un entre-deux, grâce à une trouvaille géniale : « Marquer / Exécuter ». Récompense pour un meurtre au corps à corps (discrétion), cette capacité donne le droit de marquer deux ou trois ennemis proches et de les assassiner instantanément dans un ralenti des plus classieux (action), transformant le papy Fischer en bullet-time killer. A chacun de trouver la meilleure configuration tactique à faire corps avec un décor pour le vider de toute présence parasite, sans se priver d’une final touch stylée. Fait d’autant plus ingénieux que la mise en scène (objectifs, vidéo contextuelles) s’affiche désormais à même le décor. Beau concept que cette scénographie participative. Car voilà peut-être l’estocade la plus fine portée au duelliste Solid Snake : oublier les scénarios tortueux (l’histoire, plus modérée politiquement que d’habitude, passe à la trappe) et les cinématiques interminables pour mieux recentrer le joueur comme le meilleur metteur en scène de son plaisir ludique.

PARTAGER
Article précédentL’Enfance du mal
Prochain articleAdieu Falkenberg