PARTAGER
3
sur 5

A la fureur de son supérieur, l’inspecteur Jacques Clouseau est chargé de l’enquête sur un meurtre commis dans l’hôtel particulier du milliardaire Benjamin Ballon à Paris. Tout accuse la soubrette Maria Gambrelli, mais Clouseau est convaincu de son innocence. Une série de meurtres va être commise, accusant de nouveau la ravissante soubrette. Porté par l’amour, Clouseau réussira-t-il à résoudre l’enquête ?

Quand l’inspecteur s’emmêle est la suite de La Panthère rose, réalisé la même année, en 1964. Contrairement au premier de la série, le personnage de Clouseau est au centre de l’histoire et tout l’humour du film dépend de lui. Malgré un démarrage assez long, Quand l’inspecteur s’emmêle accumule les gags irrésistibles de Peter Sellers, plus maladroit que jamais. Ca pourrait être un film à sketches avec une trame de scénario malhabile, mais Blake Edwards réussi à créer, comme toile de fond, une atmosphère policière proche des « gialli » italiens (Mario Bava, Dario Argento…), et renforcée par un choix de décors parisiens pittoresques.

Le funambule Clouseau saccage absolument tout ; le genre policier devient risible, le décor se révèle de toc… et pourtant, il a raison ! Son enquête est bien menée -grâce à sa maladresse et son amour pour Maria. Blake Edwards entre dans le jeu de son personnage devenu encore plus naïf, plus attendrissant et romantique. Avec lui, Blake Edwards a façonné un caractère utopique propre au cinéma, dans la mesure où certaines maladresses, un grand cœur et une naïveté enfantine nuisibles dans la vie quotidienne, se transforment ici en de véritables dons. Les maladresses de Clouseau deviennent nobles et font de lui un gentleman et un chevalier servant. L’anti-héros détrône le héros joué par Georges Sanders.

Avec l’aide de William Peter Blatty (le futur auteur de L’Exorciste), le cinéaste modifia de fond en comble le scénario originel écrit d’après la pièce d’Harry Kurnitz afin de mieux se concentrer sur le personnage de funambule qu’est Clouseau. Une scène d’anthologie est à mentionner pour illustrer l’esprit burlesque du film : l’inspecteur, pour suivre jusqu’au bout Maria, entre dans un camp de nudistes où il trouve tout une multitude de manières de ne pas se dévoiler entièrement…