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Dans ce monde de la chanson française que l’on dit parfois terne, frelaté… j’en passe et des meilleures, le spectacle de Véronique Pestel apporte une bouffée d’air frais, à deux pas de Pigalle !!! Dans la minuscule salle du Théâtre de dix heures, le public est venu conquis par avance. Les plus fidèles d’entre les fidèles réclament leurs chansons fétiches, apportent de petits cadeaux et y vont d’un « magnifique !, joli ! » à la fin d’un morceau. Indéniablement, la dame est attachante. Sur scène, un guitariste, un piano, et la voix rauque et chaleureuse, amoureuse des mots de tous les âges. Du moyen âge au XVIè siècle, en passant par de vieilles poétesses ou encore Marceline Desbordes Valmore, l’éclectisme prévaut, sans jamais le sacrifier à la justesse des mots et à l’harmonie du spectacle. Histoires d’amour souvent, histoires d’humour toujours, tous ces petits mots bien sonores qui jouent sans relâche. Côté musique, on varie les plaisirs, piano et guitare sobres ou mélodies plus travaillées, jazzy ou libertango. Tout cela s’enchaîne sans heurts et la fin du spectacle sonne à regret comme les douze coups de minuit. Le public en redemande, mais au Théâtre de dix heures le bien nommé, un spectacle attend son tour ; alors, après les dix coups, retour sur le pavé le cœur joyeux.

Karine Duquesnoy