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sur 5

Fort du succès planétaire de leur efficace single Tubthumping, les joyeux anars de Chumbawamba repartent sur les routes porter la bonne parole après 15 ans d’existence. Pour cette prestation parisienne, le Divan est loin d’afficher complet mais le public, composé de quelques fans et de nombreux curieux, accueille chaleureusement la troupe dès les premières notes d’Anarchist, chanson phare de leur précédent album. Mais comme sur leur disque (Tubthumper) le groupe use et abuse des nappes de synthé Robert Milesques et de la trompette solennelle, tendance défaite à Fort Alamo, oubliant trop souvent la guitare et cantonnant les percus dans un rôle un poil bourrin. Les voix sont quant à elle mixées très en retrait, ce qui leur donne au passage un aspect irréel et lointain (play-back ?) sans chaleur.

A cause de cette distance, le set dégage une sorte d’uniformité qui après une dizaine de titres, devient lassante. Rien ne ressort véritablement de l’ensemble, si ce n’est de temps à autre la jolie voix de Lou Watts ou sur Nazi, la limpide prestation a capella des trois chanteuses. N’oublions pas non plus les multiples changements de costumes de Danber Nobacon, solide chanteur au look corganien et de Alice Nutter, tantôt prêtresse alcolo, tantôt boxeuse déjantée.

Et Tubthumping me direz-vous ? Il faut attendre la fin du show pour l’entendre, dans une version proche du single, trop polie pour être honnête. Heureusement pour eux, les Chumbawamba possède une belle vitalité scénique et la sincérité de leurs combats, contre l’establishment (« Tony Blair, you’re a liar, and we piss you off » dans Mouthful ) ou en faveur des sans-abri (The big issue), plaide pour l’indulgence. Dommage que tous ces bons sentiments soient noyés dans une mixture musicale passe partout, sans relief et sans grande imagination.