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4
sur 5

« Add ten points to your score », voilà ce qui nous attend lorsqu’on pénètre le site des Space-Invaders. Le ton est donné. Des points, c’est ce que rapporte ce petit alien en mosaïque. A peu près le même principe que les jeux Total, et pourtant si différent. Depuis 1996, les petits monstres pixellisés, avant de faire l’objet d’un site, ont envahi toutes les grandes capitales (enfin, disons les plus hype, on n’a pas encore vu de SI à Varsovie ou à Dublin).

Récupérés du jeu arcade de 1978, et dont la mission était ultra-basique -« shoot them up ! »-, les virus, ainsi qu’on les appelle, étaient voués à être phagocytés par l’évolution graphique. Mais non : 1978-2001, d’un jeu devenu culte, on est passé à de l’art. Mais art de quoi ? Celui de trouver des concepts ou de savoir les mettre en (belle) forme ? En tout cas, celui qui se fait appeler Invader sait faire réagir (n’est-ce pas le propre de l’art ?) : la police empêche, les amateurs protègent.

Créé il y a deux ans, le site a un projet simple : montrer l’invasion, preuves à l’appui. En plus de Paris, Los Angeles, Tokyo, Londres, Amsterdam, les virus se sont aussi incrustés dans les médias : Libération, Crash, Figaro, Joypad… Tous styles confondus, l’Invader n’a pas de frontières, élogieux ou pas, l’Invader s’en fout. Epuré, simple et efficace, le visuel du site dénote un réel talent de l’auteur. Petite précision : pour optimiser votre visite, il vous faudra Quicktime et Flash, l’animation étant assurée par ces deux plug-in (pas très démocratique tout cela, mais il faut ce qu’il faut !). Invader nous propose donc une petite balade fort sympathique avec une iconographie très variée, photos prises sur le vif, monuments squattés par la petite bête, décomposition de l’invasion à travers le prisme de son auteur, c’est rare que l’on voit un envahisseur de si près. Si vous vous en sentez l’âme, vous pouvez aussi adhérer au mouvement des rebelles carrelés : le site vous propose en effet de télécharger des fonds d’écran (pour mac, bien sûr !), de faire vos autocollants SI, de vous procurer la carte des invasions ou encore d’écouter un CD fait maison, et plutôt expérimental. Tout est gratuit (à venir, bientôt : le magasin en ligne).

Regroupés au sein de @nonymous, les Envahisseurs de l’espace côtoient un chasseur d’ombres, Zeus, et parfois un amuseur de boîte aux lettres. Ensemble, ils se sont donné pour mission de redonner une âme à la ville. Ces réaménageurs de l’espace urbain ne font pourtant pas l’unanimité : certains voient là des murs défigurés, d’autres des boîtes aux lettres « saccagées » (sic). Honte à ceux qui les comparent aux taggeurs, pisseurs de bombe sur les murs, ces street artists-là ont dépassé le stade du barbouillage et proposent (ou plutôt imposent) une vision urbaine de l’art.