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Quand la folie est au rendez-vous de la création artistique, la provocation ne se trouve souvent pas loin. Il devient d’ailleurs presque évident, en parcourant l’exposition, que l’une et l’autre vont inévitablement de pair. Peut-être que des actes commis sous l’emprise de la folie dérangent toujours fortement celui qui se croit sain d’esprit ; mais si seulement tout cela ne semblait pas aussi gratuit, et souvent confus. Car si la définition du thème paraît limpide dans le catalogue (édité en russe, français et anglais), l’exposition ne bénéficie pas de la même clarté.

Afin de rendre l’ensemble intelligible à nos cerveaux trop habitués à tout structurer, indiquons que la division en dix thèmes proposée par les commissaires de l’exposition -Andréï Eroféev, directeur de la Société des collectionneurs d’art contemporain de Moscou, Dimitri Konstantinidis, directeur d’Apollonia-Echanges artistiques européens et le critique d’art, Jean-Yves Jouannais- recadre les œuvres dans un contexte historique et artistique. Cette mise en perspective n’étant pas clairement lisible dans l’accrochage, le catalogue devient notre seul allié. Nous y trouvons enfin les réflexions qui sous-tendent l’exposition rien qu’au travers du découpage en ces dix fameuses parties. Ainsi, l’avant-gardiste : le terroriste et le hooligan (l’anti-art), l’inventeur fou (le constructivisme), le chaman, le faux chercheur (l’art conceptuel), le mutilé et le sadomasochiste (l’art de la performance), l’amateur de bagatelles (easy art), le bégayeur-ornementaliste (l’art de l’appropriation), le producteur de monstres (la nouvelle sculpture), le morveux adolescent (New wave), le plagiaire, le mauvaise copieur (le post-modernisme) et l’acteur raté (l’image de l’artiste). Si l’ambition des thèmes se trouve effectivement satisfaite au regard des œuvres, cela ne peut se constater qu’après un travail de réflexion qui viendra peut-être… si les séances de vomissements, de pénétrations de baguette, de gymnastique en slip kangourou et si les sexes démesurés et autres charmants lombrics n’auront pas aveuglé le visiteur, condamnant alors l’exposition sans appel.