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sur 5

On se demandait un petit peu avant ce concert, ce qui allait nous attendre. Qu’est-ce qui pouvait, en effet lier les publics respectifs de Diabologum et des Thugs, a priori assez éloignés l’un de l’autre. « La drôle d’idée que voilà » se disait-on en somme. Enfin, La Cigale était comble, ou presque, image réjouissante si l’on pense qu’il s’agissait de deux groupes français, et pas des machines Bruel ou Sardou.

C’est Diabologum qui ouvrait les hostilités, et beaucoup plus qu’honorablement avec La maman et la putain, hommage eustachien d’une grande puissance, qui mit tout de suite le feu aux amplis. Par la suite, pas de sautes de tension, c’est 3, le dernier album en date, qui nous était offert en intégralité -oui, même les titres les moins évidents, avec une ferveur de la part des quatre de Toulouse qui faisait plaisir à voir. Les hits maison –De la neige en été, Il faut, A découvrir absolument, 365 jours ouvrables– défilaient avec violence. C’est d’ailleurs assez frappant de constater la pression et la concentration qui règne sur scène à l’intérieur du groupe. D’autre part, il faut leur savoir gré d’avoir assurer un concert d’excellente qualité, puisque cette date était la dernière d’une tournée morcelée mais épuisante. Le public ne s’y est pas trompé, acclamant le groupe jusqu’au rappel où se pointa sur scène Daniel Darc, en complète panade depuis quelques années, mais toujours aussi flamboyant dans l’exercice de frontman, mi-candide mi-pathétique. Déjà présent au dernier concert de Diabologum au Café de la Danse l’année dernière, l’ex-Taxi Girl éructa cette fois-ci quelques bribes d’un morceau à paraître au printemps, en duo avec les quatre autres, sur une compilation en faveur du don d’organes.

Exit Diabologum, longue pause et place aux Thugs pour une performance qu’on espérait, comme d’habitude, sonique. Dès que les Angevins débarquaient sur scène, le public commençait à se soulever, hurlant -pas de doute, ils étaient là surtout pour eux. Pas de mise en route laborieuse pour eux également, ce fut du brutal du début à la fin, avec promo oblige, presque tout Nineteen something. Dans la fosse, la folie. Ca saute, ça slamme, le stage diving revient tout d’un coup à la mode -avec ses beaux cassage de gueule et une ou deux interceptions par les roadies, deux rappels plus loin, on a les oreilles bouchées et le sourire aux lèvres, il semblerait que certains nouveaux venus comprennent enfin pourquoi le groupe s’est taillé une solide réputation sur la scène américaine. Ca fait vraiment du bien par où ça passe, même à la dixième fois.