PARTAGER
0
sur 5

Certains ressemblent à des coquillages, d’autres à des animaux, à des cosses de haricots géants ou même à des plumes sergent-major. Ovales, rectangulaires ou ronds, ils peuvent avoir une forme de cloche, d’éventail ou de paravent ; avec des pointes pour les ficher en terre, voire attaquer l’ennemi, ou avec des échancrures permettant aux guerriers de voir ce qu’ils font, tout en s’abritant (« œilleton » central au Kenya). Les armes de jet ont rendu nécessaire une protection plus étendue que le simple morceau de bois qui pouvait détourner les coups de masse ou de couteau. Cette « arme de main gauche », munie d’une poignée ou d’une lanière, devint bouclier. La Fondation Mona Bismarck expose des pièces superbes, oeuvres d’art qui nous livrent des informations sur leurs utilisateurs.
En Afrique, les boucliers sont généralement fonctionnels et massifs, en bois plein ou en vannerie. En Afrique de l’Est, d’impressionnants boucliers en cuir épais (rhinocéros ou hippopotame) tendu sur des pierres, avec proéminence centrale (ou umbo) imposante, pouvaient servir d’armes d’attaque. En Asie du sud-est et en Océanie, les décorations sont plus affirmées, plus recherchées. Lignes blanches incrustées de coquillages ou de porcelaine (Moluques), ou surface laquée noire incrustée d’étain (Laos), ces pièces étonnantes étaient plutôt destinées aux cérémonies. Les pièces sont colorées, sculptées, ornées de figures totémiques ou tutélaires destinées à protéger le guerrier ou à effrayer l’ennemi (en Papouasie : visage avec de gros yeux cernés, une bouche pleine de dents, la langue pendante) en l’agressant visuellement. En Indonésie un petit bouclier étroit, anthropomorphe, aurait servi aux magiciens qui pouvaient se rendre invisibles et voler dans les airs. Les tribus de coupeurs de tête affirment leur spécialité en arborant des boucliers ornés de mèches de cheveux humains, remplacés maintenant par des poils de chèvre, peints en rouge. En Australie les boucliers, généralement oblongs et étroits, servent à détourner les boomerangs. Dans le centre du pays ils permettent d’allumer le feu et, s’ils sonnent creux, ils annoncent la mort proche du guerrier.
Il est à noter que la Polynésie n’est pas représentée puisqu’on ne connaît pas de bouclier dans ses îles.