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3
sur 5

L’insecte cosmique dont il est question dans le titre de cet album serait l’équivalent de Vénus dans une légende maya. C’est fou ce qu’on peut apprendre en préparant une simple chronique. Particulièrement lorsqu’il s’agit du nouvel album d’XTC. Je musarde, je butine, j’esquive, mais je ne suis pas dupe… Wasp star devrait, une fois de plus, passer à peu près inaperçu. Aucun remix-plus-groove-que-ça-t’exploses-ton-slip n’envahira les ondes cet été. XTC est un groupe têtu, et son public le lui rend bien. Duo d’équilibristes, spécialistes de la caresse sonique, deux gourmands raffinés qui ne rechigneraient pas devant un sauté de joue de gibbon sauce gribiche…

Si le volume 1 était plus volontiers pastoral et offrait des arrangements de haute volée, Andy Partridge et Colin Moulding reviennent ici à une formule pop plus basique : « Je dois être une sorte d’architecte frustré, confesse Partridge, l’homme à la tête de pomme. J’aime les chansons qui ont des coins cachés, des structures surprenantes, et j’apprécie l’architecture en alcôves, les coins secrets. Les édifices capables d’émerveiller. Je crois que la musique et l’architecture ne sont pas très éloignées. » Colin Moulding, moins volubile, se contente de préciser : « Moi, j’aime les bonnes mélodies. » Trop modeste, l’ami Colin est bien plus qu’un faire-valoir. In another life est un titre ensoleillé et délicatement intimiste. Boarded up avance tranquille, un brin nostalgique, sur une rythmique capricieuse. Contrepoints nickel aux compositions de Partridge, qui a révisé son manuel du bon vieux riff sixties. Playground, Wounded horse, My brown guitar, les six cordes rutilent sur des titres carrés. L’humeur est taquine, les textes drôles et pointus. Production très vintage du fidèle Nick Davis.

Quelqu’un a dit, en parlant de Wasp star : « C’est le meilleur album que Paul McCartney ne fera jamais… » Personnellement, je ne savais même pas qu’il était encore vivant, mais ça a le mérite d’être clair. Ca donne des repères. Pourtant, un léger bémol s’impose. Si le brio est incontestable, on frôle parfois le ronron. Attention à l’excès de glucose.