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4
sur 5

Les aspirations de ce label qui vient d’éditer le dernier album de Scorn (Mike Harris) sont claires : « Technoid noise for collapsing people », et, derrière ce manifeste rapidement posé, de nombreux concepts musicaux peut-être plus intrigants… Tout d’abord, Xingu Hill, formation atypique d’un électroniciste esseulé, arrive à se dégager du paysage electronica avec quelque brio. Sans jamais tomber dans les gimmicks ambient, pas plus que dans les lieux communs de la noise, Xingu Hill fait cohabiter une aptitude certaine à la création de papiers peints musicaux, ainsi qu’à l’irruption brutale de plans gentiment bruitistes. Ne délaissant donc pas la mélodie, sans la privilégier outre mesure, ce projet s’inscrit aisément dans la lignée de one-shot bands tels que Pasarani (même label), Pan American version harshtronics ou même Tortoise période TNT, les idées en plus.

Evidemment, rien de révolutionnaire ici si ce n’est tout de même une vision très personnelle et pas si commune que ça de l’electronica. On reste assez éloigné des meilleurs créateurs du genre (Scanner, le Third Eye des premières heures, To Roccoco) mais c’est plus un gage de qualité et de non-grégarité. Au milieu de la surproduction de telles productions, on se demande toutefois si l’îlot créé par Xingu Hill parviendra à se dégager de l’anonymat. Sa musique pourtant, virus mélodique parmi les virus, cherche les multiplicités et les fuites, et se propage rapidement dans l’espace-son, sous-tendue par des nappes synthétiques peu abondantes. Insectoïde, à l’image de l’artwork élégant et épuré, elle conserve sa silhouette fine et racée, minimale et efficace. Et, si ça suffit à faire succomber les hommes comme Hymen le proclame haut et fort, pourquoi ne pas se laisser transpercer un temps ? En attendant d’autres lendemains, encore plus originaux, par les drones fugitifs d’une musique en constante évolution.