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4
sur 5

Le missile ! Le trio composé de DJ Olive, Lloop et Once11 n’a rien d’autre à nous proposer qu’un brûlot sonore. Une bombe qui vrille les tympans et atteint direct sa cible, le cervelet. Et le bonheur, dans tout ça, c’est qu’on peut oublier toutes ses références. Decentertainment est un album qui parle d’abord aux sens, c’est-à-dire, au cerveau et à tous nos muscles, répercuteurs de la déflagration.
OK, WeTM fait partie de la scène Illbient, un genre entretenu par des labels tels que Wordsound ou Asphodel. De là, facile de remonter la filière : rap, electro, drum’n’bass, techno, dub, jungle ; il y a tous ces ingrédients dans ces quatorze morceaux dont pas un n’est à jeter. OK, DJ Olive est connu pour avoir bossé avec des pointures telles que Arto Lindsay ou Christian Marklay, le grand manipulateur de platines. Mais résumer l’œuvre de WeTM à de simples références aurait quelque chose d’indécent. Le trio a commencé par des soirées et des shows visuels en 1992 à Brooklyn, avant de se lancer à fond dans la musique. Decentertainment est leur troisième album, et vous allez adorer, pourvu que vos oreilles soient grandes ouvertes.

Hang on (ces enregistrements offrent une large place aux conversations téléphoniques), d’entrée, séduit par son beat lancinant, pas spécialement original, mais tellement juste. On a seulement envie que le morceau dure 20 minutes. Afrique se la joue entre digitalisation à outrance et black roots forever, alors qu’If they see est une combinaison gagnante des deux formules précédentes.
Et, même si la production est au centre de Decentertainment, au même titre que la partie de guitare ou les roulements de fûts sur un enregistrements pop-rock classique, impossible de dire qu’on est aux prises avec une musique difficile. Car, aujourd’hui, ces canons sont dépassés. Seules comptent la qualité intrinsèque de la musique et la qualité d’écoute de l’auditeur… Dernière précision qui fera toujours hurler certains pour qui les amateurs de musiques « nouvelles », « innovantes » ou non conventionnelles (selon les critères anciens) sont de sacrés snobs. Partant de là, il ne nous reste plus qu’à être le plus nombreux possible à nous comporter en « sacrés snobs ». Et à profiter de ces chefs-d’œuvre pour snobs que sont Granular timor time ou Vulpecula.