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3
sur 5

Deuxième album du groupe psyché anglais Volcan l’Ours (ce nom !), après leur déjà très bizarre premier album Yak folks Y’are sorti en vinyle uniquement sur Pickled Egg Records. Rien d’étonnant d’ailleurs à ce que The Inhazer decline sorte sur United Dairies, puisqu’il s’agit du label de Steven Stapleton (cerveau de Nurse With Wound), spécialisé dans l’édition et les rééditions d’enregistrements étranges…

Douze morceaux d’un quatuor bien malade, donc, entre composition et improvisation, qui échappent un peu à toute catégorisation, ce qui n’est pas plus mal. Après une courte intro de bruits électroniques hésitants (Planetary Bethlehem), le meilleur titre, Quaterstone, se met en place : bruitages divers, gémissements, bourdonnements, percussions aux relents industriels (Swans ?) et batterie répétitive. Un truc imparable et fascinant qui évoque fortement Splintered, autre groupe méconnu et sous-estimé de la scène psyché anglaise underground. Le reste est dans la même veine : Musima mélange musique arabe et impro free-jazz, Bowl part sur des dissonances au violon pour s’achever sur des nappes de distorsion et Ruth da moose, plus calme, est chanté de façon parfaitement malsaine comme une parodie de Robert Wyatt sur des nappes de cornemuse phasées. Rien n’est aisé chez Volcan l’Ours. Seule trace d’humour : le titre Worse with noun, aussi drôle qu’un mix bruyant de Rafael Toral et Tony Conrad. Ailleurs, Vast blanket mélange pure impro free et délires sonores aquatiques sur fond de halètements sataniques… Le long Mung (neuf minutes) est un grand et passionnant kaléidoscope sonore qui semble vraiment venir d’ailleurs, le court Queen’s teeth fait penser à la guitare minimale de Gastr Del Sol (en plus sale évidemment) accompagnée de sons de chaînes et s’enchaîne avec une reprise géniale du deuxième titre, titrée à contre-emploi Here are the bounds. Enfin, le disque se termine par cinq minutes d’une ballade de cabaret gémissante et hurlante qui s’appelle aussi Planetary Bethlehem et évoque un Nick Cave vraiment bancal et tordu.

Avec tout ça, on a un excellent disque vivant et décalé qui ne feint pas sa fêlure et offre à l’auditeur une surprise par seconde, et surtout une surprise à chaque écoute. Dans la famille Splintered, XIII Ghosts, Savage Republic ou les groupes de Shock Records, donnez-moi Volcan l’Ours et si possible la chance de voir un jour ce groupe sur scène, où, paraît-il, il excelle !