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3
sur 5

Ce ne sont certainement pas les seules compilations qui retiendront votre attention durant ces fêtes. Mais ce sont celles que nous vous suggérons d’écouter. Pour le fun, pour l’amour du son, pour la curiosité ou encore… au nom de la liberté et du droit. Le choix est complètement arbitraire et ne remplira pas votre caddy, on le sait. Cela contribuera néanmoins à détendre un peu plus vos oreilles stressées. Karamba, la première compile, est un véritable déluge d’afro-rythmes (zouk love et rumba congolaise, salsa et merengué). En compagnie de Miguel Yamba, enfant terrible du parisian black groove, excellent bassiste par ailleurs… Il s’offre ici une longue et chaude séquence « carte blanche » avec quelques invités de renom. Papa Wemba, Munan Maïka, Koffi Olomide… pour ne citer que ceux-là. La seconde compile, Angola, retrace pour les plus mordus un volet entier de l’histoire en cours de la musique angolaise. Une anthologie qui fait l’inventaire du son contemporain, en conviant les vétérans (Bonga par exemple) à venir éclairer les prouesses de la nouvelle génération (représentée par Lulendo entre autres). Semba, rythme populaire de l’Angola, Kipalanga, rebita… l’album est aussi accompagné d’un très bon livret signé Ariel de Bigault. Une bonne référence.
Changement de cap. La troisième compile nous entraîne en Amérique latine. Dans un univers particulier. Celui de la champeta colombienne. Un mélange curieux de secousses, issu des différents sound sytems organisés dans les quartiers noirs de Carthagène depuis les années soixante-dix, qui célèbre la rencontre entre certains rythmes urbains de l’Afrique (Mbaquanga, soukouss, highlife) et certaines vibes de la mer Caraïbe (rap-reggae-ragga, compas, socca, calypso). Un phénomène détonnant de sincérité. La quatrième compile, enfin, aurait pu s’intituler « Les voix du monde ». Il s’agit d’un concept lié à la commémoration du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, ainsi qu’à la célébration du 50e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme. La plupart des fonds recueillis grâce à cet album va servir au combat mené par l’UNESCO contre le travail forcé des enfants, une des formes d’esclavage les plus décriées. Un projet qui fédère… par les temps qui courent. On y trouve le grand Manu Dibango, Faudel et Tribal Jam. Barbara Hendricks, Dee Dee Bridgewater et Ray Charles. Le réunionnais Ziskakan et le Comorien Mikidache. Des vedettes confirmées et des jeunes talents. Un album inspiré par l’espoir d’un monde meilleur.