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4
sur 5

Pour tous ceux qui ont entre vingt-cinq et trente-cinq ans, qui aimaient faire la fête dans des boites comme La Loco à Paris et qui ne rataient aucun concert organisé par Hilda et Christel dans ce temple parisien, le plaisir ne devrait pas s’être tari d’écouter à nouveau ces Mancuniens de Charlatans. Si ces derniers ne volaient pas alors leur patronyme sur scène, les singles en revanche ont toujours exercé comme une sensation de retournez-y pas dégueu. De toute manière, c’est assez simple, en cet été 90, retour sur un Summer of Love plus de vingt ans après le premier, on aimait tous les mêmes disques et groupes : House of Love (dont on ne se réjouira jamais assez du retour de Guy Chadwick ces temps-ci), les Stones Roses, le premier Primal Scream, les Happy Mondays, les Charlatans sans oublier les vrais/faux frères Milton Brothers, derniers arrivés sur les dance floors baggy.

Ne demeurent en activité et presque intacts (la mort de Rob Collins dans un accident de voiture les avait gravement touchés après qu’il fût incarcéré pour une affaire de cambriolage !) que ces Charlatans coupables de nombreux hits et de cinq albums, dont le dernier Tellin’ Stories s’est plutôt bien vendu l’an passé. Ici, peu de titres inédits ou autres raretés, vous trouverez principalement des morceaux plein d’entrain choisis par le groupe et qui devraient vous filer des fourmis dans les jambes. D’autant plus que certains proposent leur version sortie sur des disques US (Sporton Green, 1991) ou autre version longue. En effet, quelle joie, quel bonheur de réentendre Opportunity Three (1991) dans une version « very dansante » de sept minutes trente remixée par Flood ou Patrol (1994) revu, et largement corrigé, par les basses, sirènes et autres glissandi des Dust Brothers (à l’époque pas encore Chemical Brothers). Mais ce sont encore et toujours les inoubliables premiers singles qui ravissent les oreilles et obligeront les plus jeunes à tourner leurs esgourdes vers le son d’il y a dix ans.