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4
sur 5

Avec sérenité et comme une certaine volupté, ces 10 morceaux (dont 7 standards), enregistrés à Paris en Janvier 1998, sont dominés par l’énorme son généreux, chaleureux, tour à tour velouté puis d’une rugueuse expressivité du saxophone ténor de Steve Grossman -ancien compagnon du Miles électrique, d’Elvin Jones ou de Chick Corea, fondateur du groupe Stone Alliance, dont la proximité avec la densité d’un Sonny Rollins, outre la simple impression d’auditeur, s’est affirmée dans deux albums en hommage au Colossus au milieu des années 80-, il nous propose ici une reprise de Why don’t I. Le producteur Francis Dreyfus nous révèle les secrets (décevants pour qui s’attend à de complexes tractations ou à une de ces coïncidences qui jalonnent l’histoire des grands enregistrements !) de la rencontre du saxophoniste avec le pianiste français : « Je dîne avec Michel Petrucciani. Je lui apprends que je vais produire un nouvel album de Steve Grossman. Ne cherche plus de pianiste, je suis là ! En plus, j’aimerais beaucoup être ton coproducteur ! Toute la simplicité de son talent dans cette phrase ».

En quartet avec Andy McKee (basse) et le discret autant que délicat Joe Farnsworth (batterie), Grossman accueille l’auditeur dans un espace intime, sur un répertoire de ballades et de morceaux aux tempi moyens, toujours traités avec une grande élégance. Au final, un très agréable moment musical où, curieusement (ambiance générale, qualité de l’enregistrement ou influence d’un pianiste facétieux, qui fait presque partie de la famille aujourd’hui… ?), on se sent au milieu du groupe, proche de son leader, amical et ouvert. Sans oublier le plaisir de retrouver Petrucciani, qui signe un solo magique et jouissif sur Inner circle, composition de McKee.