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3
sur 5

Here we go again ! This is pure electronic sound from Northern France ! Deux slogans parmi d’autres qui pourraient illustrer la feuille promo d’un nouveau venu dans la basse-cour grandissante de la french electronica touch actuelle. Nom déjà bien connu des fouineurs en herbe des bacs à sable musicaux du genre, Snark n’en est pas à son premier essai après nombre de cassettes et concerts sauvages dans des salles parisiennes plus ou moins remplies. On lui a préféré Erik M en porte-drapeau de la nouvelle electronica française, bien mal leur en a pris.

Car si Snark délivre une musique originale et très abordable par rapport à son collègue DJ bordelais, ce n’est surtout pas un défaut bien au contraire. Snark, c’est la musique électronique faite à la maison avec les moyens du bord, dans une trajectoire « do it yourself » revendiquée haut et fort. Allez savoir ensuite si c’est plutôt un bien… On ne se prononcera donc pas sur le concept déjà surabondamment utilisé mais beaucoup plus sur le résultat. Au final donc on débouche sur une musique électronique assez ambivalente : agressive par endroits avec l’emploi en second plan d’harshtronics (l’intro d’Enter yr log name), aiguè et assez sifflante dans une gestion assez moyenne du son (Moebius band n°2) mais toujours bricolo-rigolo, bref le versant électro-indépendant de joyeux trublions comme Comelade et Pierre Bastien. De la pataphysique en samples, c’est un choix esthétique comme un autre et qui se défend.

Là où l’on émettra des réserves c’est sûrement sur le relatif caractère grégaire de sa production musicale sans énorme originalité. Mis à part le postulat DIY du départ, que faire ensuite de cette musique gentiment bringuebalante entre une électronique maison et des mélodies faussement naïves ? Pourquoi encore une fois tomber dans le string quartet électronique sur quelques titres ? Les ficelles sont désormais usées et l’emploi de cordes plaît toujours en rock ou en electronica actuelle. On n’en attend pas moins un brin de renouveau que peuvent justement amener de nouvelles têtes locales comme Snark. Bref, un album agréable mais sans autre personnalité que des orientations musicales déjà assez courues.