PARTAGER
4
sur 5

Alors que Lou Barlow arpente les autoroutes européennes avec son énième projet slacker, « The Four Tenor », voici la dernière matérialisation discographique de son talent unique, une sélection de morceaux anciens ou récents, en home-recording, mélodies simples lo-fi folk de guitares sèches.

On avait quitté Lou Barlow sur le troisième album de The Folk Implosion, One part lullaby, qui avait bénéficié d’une distribution internationale via Interscope / Universal, suite au succès planétaire du single Natural one, issu de la B.O. de Kids, de Larry Clark. Malheureusement, et malgré un disque qui ne déméritait pas, les ventes n’ont pas suivi, et la deuxième tête du Folk Implosion, John Davis, a quitté le navire, laissant Lou Barlow dans la mouise et sans contrat. Ce dernier, jamais à court de bonnes idées, a créé son site Web, où il met en ligne des MP3s de ses récentes compositions, accompagnés de collages photos / papiers Canson colorés de toute beauté (le site fourmille de surprises visuelles, n’hésitez pas à cliquer un peu partout, on trouve même une petite vidéo rigolote avec Eric Gaffney et une bande de chats). Le disque présent compile cette surproduction lo-fi. En attendant un hypothétique prochain Sebadoh, ou une nouvelle incarnation du Folk Implosion, associant Lou Barlow à Russ Pollard (batteur de Sebadoh), désormais intitulée Foke Implojun…

En attendant, on se délectera de ces 23 chansons minimalistes enregistrées au coin du feu de cheminée sur matériel low-fidelity, intimistes et spontanées, à une ou deux voix, sur guitare acoustique. Il est parfois bon de retourner aux sources de sa création pour retrouver l’inspiration, et c’est sans doute ce qu’a fait là Lou Barlow, en renouant avec son projet solo Sentridoh, ces petites chansons sur trois accords open-tunés de guitares à trois cordes. Pour l’auditeur, c’est un sentiment de nostalgie qui prédomine, comme s’il était revenu à ces années 90, lorsque les 45 tours de Sentridoh, alors tirés à 500 exemplaires par de petits labels indépendants, envahissaient les meilleurs mails-orders (Meridians, Hope…). On se souviendra avoir découvert l’existence de Lou Barlow en lisant une interview de Chris Knox dans un fanzine aujourd’hui disparu. Il comparait le Sebadoh d’origine au meilleur Syd Barrett, et on s’était empressé d’en rechercher les premiers témoignages discographiques. Lou Barlow n’est pas encore à la retraite, et sa faconde mélancolique ne s’est pas tarie. Songs from Loobicore s’écoute en boucle, la fenêtre ouverte.