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3
sur 5

Nouvelle carte postale sonore d’une discrète légende de la techno de Detroit : Robert Hood, plus précisément de son label M-Plant vers le berlinois Tresor. De quoi s’agit-il ? De techno minimaliste bien sûr ! Musicalement très proche de son compère Jeff Mills, Robert Hood compose à partir de boucles très froides sur lesquelles s’accumulent des couches de bleeps divers sur tapis de rythmique sans hasard, jamais, aucun. La grande affaire de ce disque, c’est le son : très pur, très puissant, il donne aux titres une qualité naturelle imparable. Éclats de synthés, cassures de ciseaux sur de la glaçe, bris de verre frottés sur de l’acier, on n’est pas précisément là pour se réchauffer. Peut-être que lorsque nous volerons dans les rues d’une mégalopole futuriste, on ressentira ce que ce disque distille : l’impression tenace que personne n’aura de pitié pour nous.

Répétitif ? Il n’y a pas un seul break sur tout l’album ! Alors, oui, c’est répétitif et digital, c’est de la techno et pas autre chose. Essentiellement de la techno de Detroit telle que des Atkins, des Craig ou des Saunderson la conçoivent : la soul du futur. En ce sens, la connection Detroit-Berlin coule de source : les deux villes partagent le même goût pour le groove froid et urbain. Internal empire est peut-être une référence à l’Alec allemand bien connu, en tous cas, Robert Hood est au moins un prince, sinon un empereur. Des titres comme Parade ou Multiple silence avec leur rythmique impitoyable et leurs fragments de musique concrète sont la preuve que la musique populaire et la musique savante se rencontrent souvent à leur insu. Et la techno est un des lieux les plus propices à cette rencontre. À écouter si le bpm vous en dit.