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4
sur 5

Idéal pour les robots qui supplient de faire du breakdance sur la neige, le funk digital de Riow Arai tremble dans tous les sens, mais pas n’importe comment. Originellement édité en 1999 sur le label japonais Soup Disk, Mind edit arrive enfin en Europe, via la gentille étable Leaf.

Successeur de l’excellent EP Disturbance, ce disque électrique est le premier opus de Monsieur Arai à voir le jour en dehors de son territoire natal. Il constitue pourtant son quatrième album… Ceux qui connaissent bien le bonhomme ont sûrement entendu parler de ses écarts musicaux pour le jeu vidéo Frontmission alternative sur Playstation (sorti le 18 décembre 97 sur PSone, cette série de tactical-RPG » de Squaresoft à base de gros robots est décrite par l’expert Rn113 comme un bonne daube…), ou pour ses petites galettes sorties sur le label Frogman Records (toujours made in Japan). Malgré les apparences, nous n’avons pas ici affaire à du breakbeat de base, mais plutôt à du low-beat qui enfle et se rebelle comme un soufflé au fromage truffé de clous. Une seule écoute suffit pour apprécier Mind edit à sa juste valeur : du pop-corn métallique qui sautille avec prestance…

On goûte avec saveur cette friandise, principalement lorsqu’elle se fait beurrer par des contre-temps et autres bizarreries arythmiques. Les fractures sonores de Mr. Arai laissent intervenir de pointilleux samples fruités, enrobés de breakbits déplacés et chaloupés, d’accidents sonores « maîtrisés » qui se jettent d’une falaise donnant sur une rivière sans fond. Au contact de l’eau, les infrabasses gonflent et s’engluent aux lignes de basses numérisées (Disturbance), les riffs de guitares coupées se disséminent et s’entrechoquent avec nombre de particularités digitales, discrètement coincées sous les aisselles (ou les ouïes). Et quand ça transpire (ou ça coule), on renifle à fond et on bouge son gros cul (ou ses branchies). Tombant occasionnellement dans des zones répétitives (Hyp), Arai domine toutefois la sauce de ses morceaux, notamment grâce à des recettes simplistes mais téméraires (rajouts mélodiques anormaux, cascades rythmiques dérangées, distorsion sur Charley, breaks old-school tordus…). Les curieux se précipiteront sur la version made in Japan qui vient d’être rallongée d’une dizaine de titres (les bâtards…) ou encore chez le label Soup Disk, dont le catalogue vient récemment de se ballonner d’un nouvel EP de son chouchou (The Ibeat EP). Mind edit est un album qui permettra sans nul doute à son auteur de se faire un peu plus connaître sur le Vieux Continent. Une réédition qui tombe à point.