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4
sur 5

Comme pour beaucoup, après une carrière de plus de quinze ans, voici venue la énième compile d’un groupe issu des eighties. La seconde de Pulp toutefois, qui nous avait déjà offert It il y a quatre ans. Celle-ci couvre la période antérieure à la révélation intergalactique que fut l’album His ‘n’ hers en 1994. S’il faut réaliser un véritable travail d’archéologue pour reconstituer la discographie complète de Jarvis Cocker et les siens, contentons-nous ici des « Fire Years » qui vont de 1983 à 1994. Période pendant laquelle tant d’albums passèrent inaperçus mais que tant de singles réunis ici ont marquée. Pas un des douze titres présents sur ce disque que nos oreilles aient oublié. Pas une soirée passée en boîte pendant ces années bénies qui nous soient devenues inoubliables grâce aux mélodies, aux synthés cheap, à la voix de crooner de banlieue pluvieuse et à la casserole magique de Jarvis. Pas une envie de se soulever une nana un tantinet vulgaire qui ne nous soit venue sans l’écoute de ces tubes qui ne branchaient finalement que nous. Mais quels tubes quand on les réécoute ! De My legendary girlfriend qui ouvre (au riff piqué à Curtis Mayfield et ici en version longue qui plus est) à Aborigine (au son piqué à Kraftwerk) en passant par Countdown (la meilleure de toutes, au riff piqué à Isaac Hayes, aux sons de synthé piqués à Kraftwerk mais en « extented version » de huit minutes s’il vous plaît !), Death goes to the disco (boîte à rythmes et construction garantie d’époque !), I want you (très Stephanie says) ou Dogs are everywhere et She’s dead (très personnelles celles-là), que de souvenirs précieux sont présentés dans cet écrin kitschissime à souhait.
Si Jarvis avait enfin trouvé le line up idéal de sa machine de guerre musicale et médiatique, il était encore à la poursuite d’un style « vraiment » personnel, ce que montrent les « emprunts » ci-dessus mentionnés au funk black, à la pop et à l’électro blanche des seventies. Une évolution toute en douceur jusqu’à ses dernières oeuvres qui illustrent à présent une parfaite maîtrise de son art. Flash back vivement conseillé donc.