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2
sur 5

Les Pet Shop Boys fêtent leurs 15 ans de vie commune et effleurent au même moment la quarantaine. Ils publient pour l’occasion Nightlife et semblent vouloir (re)tourner sur scène au cours des mois qui arrivent. Ils ne raccrocheront pas de sitôt et 2000 pourrait bien être une année Pet Shop Boys… C’est que le duo passe le cap du dixième album avec une facilité déconcertante. L’ancien journaliste Neil Tennant, auteur et chanteur de ces textes toujours aussi drôles -car toujours aussi désabusés et sans illusion sur les conditions de vie (et d’amour) de ses contemporains- et Christopher Lowe, musicien sachant aujourd’hui encore trousser des mélodies qui ne sortent plus de la tête une fois entendues, offrent avec Nightlife une nouvelle direction à leurs aventures.

C’est avec le travail d’arrangement du désormais (très) célèbre Craig Armstrong qu’ils ont choisi de lier leurs douze nouvelles compositions. Comme d’habitude, à la première écoute, et peut-être en raison de la voix de Neil Tennant et des tempo métronomiques qui ouvrent chaque titre, on se retrouve en terrain (trop) connu.

Un monde de tubes qui, de West end girls et Opportunities (Let’s make lots of money) en 1985, aux encore frais Se a vida é (That’s the way life is) et A Red letter day, en passant par What have I done to deserve this ? qui relança la carrière de Dusty Springfield et Rent (I love you because you pay my rent), nous est familier sans que nous soyons jamais allés à Ibiza ! D’ailleurs, du trio parfait Human League, Eurythmics (première mouture) et Pet Shop Boys, ces derniers sont aujourd’hui les seuls à nous satisfaire encore (surtout après le retour à demi-manqué du duo Lennox-Stewart sur disque). La facilité apparente des mélodies et des tempos qui sont là pour faire se lever le cul est enrichie par les cordes riches mais discrètes de Craig Armstrong. Des cordes qui ne font que tapisser les morceaux comme une simple trame sous les sons synthétiques de Chris Lowe, des sons à la pointe de la mode malgré leur côté eighties, au demeurant tout à fait agréable. Closer to heaven en est l’exemple le plus marquant, l’orchestre n’arrivant vraiment que pour conclure le morceau alors que le piège aurait été de laisser Craig Armstrong « faire son Armstrong » comme sur ses propres musiques de films.

Le résultat est donc, par moments, des plus jouissifs, et le mariage des plus réussis sur des titres comme I Don’t know what you want but I can’t give it any more (ouf !), qui laissent quelques respirations pour que les cordes super-disco (de Peter « Ski » Schwartz cette fois) et la voix féminine de Audrey Wheeler s’installent jusqu’à la fin. Le tout grâce à une production sans faute de… David Morales, le Monsieur Disco de la techno actuelle ! Rien que pour ce titre donc…