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3
sur 5

On n’espérait plus trop voir un jour cet album se voir accorder les faveurs d’une réédition CD. Il sera resté près de vingt ans dans les tiroirs d’EMI, propriétaire des droits, et pour cause, puisque Nosferatu est une collaboration entre Hugh Cornwell (les Stranglers étant un groupe EMI) et Robert Williams, qui joua dans divers groupes, et connut son heure de gloire à l’époque de cet album -1979- , en jouant pour Captain Beefheart.
Bien entendu, on ne pourra pas dire de Nosferatu que c’est un album qui a un son très actuel, mais par rapport à bon nombre de productions de cette époque éminemment new wave, il tient encore très honorablement la route, grâce en partie à sa froideur et à ses compositions étranges. On retrouve pas mal de choses (structures rigides, sonorités synthétiques, phrasé martial) que Cornwell expérimentait déjà au sein des Stranglers, alliées à la touche d’un Williams assez marqué par Beefheart, à savoir un certain grain de folie, le goût pour le discordant et l’anticonformiste.
A entendre ces deux gaillards, l’association paraît tout à fait logique, et même si certains titres sonnent assez gothique (Nosferatu, le morceau prêtant son titre à l’album), il reste des pépites pour le moins intéressantes : Losers in a lost land (à l’époque le single, Stranglers en diable), Rhythmic itch (louchant pour le coup vers le côté Beefheart), l’angoissant Big bug, le presque plus entraînant Puppets. Voila qui nous fait un bon disque de rock barré, atypique il y vingt ans et qui l’est encore aujourd’hui.