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3
sur 5

Troisième album de nos compères de Nightmares on Wax, qui reprennent la recette de Smokers delight, à savoir tous les clichés du funk, de la soul et du dub travaillés à leur propre sauce. Il ne se passe rien de plus dans Carboot soul. D’ailleurs, il ne se passe rien dans ce disque. Le premier morceau, Les nuits, est une reprise de Smokers delight avec force violons chauds et basses rondes. Magnifique ou ridicule, c’est comme on voudra. Morse est une ballade légère et groovy qui navigue entre Stax et Motown (avec même un break steel band au milieu). Ethnic majority est presque structuré comme du hip hop avec cuivres et chœurs rigolos : de l’exotica pour la génération sofa. Jorgé est un fragment qui se fait écho à lui-même d’une voix soul et Finerest une sorte de funk planant, et quand même un peu commercial. Par contre, Ease Jimi est un groove funk lent avec cuivres et petite guitare qui évoque plein de choses et n’en rappelle aucune. Argha Noah est très ambient, presque comme de la techno, sauf que la rythmique est relativement sale (ça frotte, ça gratte, ça rappe), et Firente Middle est assez beau, encore une fois avec une guitare superbe et sensuelle ! Survival est carrément un tube soul ! Belles voix, rythmique cassée au piano, juste ce qu’il faut de mélancolie (présente sur tout le disque, d’ailleurs, derrière les clins d’yeux). Enfin, Capumcap termine le disque comme un musique de film, avec juste ce qu’il faut d’épique pour terminer -bien- une romance hollywoodienne des années cinquante.

Alors, oui, ce disque est vide, vain, lisse, dégoulinant parfois. Mais il est aussi ironique, doux, beau, bien huilé, bien foutu, sans trop de voix, « ultra chilly » comme ils disent chez Warp, dernier label que l’on imaginerait sortir ça. Et pourtant si ! Le disque porte d’ailleurs très bien son nom : Carboot soul, la soul issue d’une casse, la soul bon marché, parfait ! On navigue donc en plein post-moderne, les amis ! Car les gars de Nightmares on Wax ne se prennent qu’à moitié au sérieux, c’est certain. Et puis on s’en fout. À écouter cet été, en transpirant, en fin de journée, en fin de soirée. En étant un peu saoul, je suis sûr que ça marche…